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Stora au SILA: disparus, essais nucléaires, archives et biens historiques, les dossiers qui attendent toujours

Par Kahina Hammoudi 

L’historien français Benjamin Stora a affirmé que le règlement du dossier de la mémoire coloniale entre l’Algérie et la France ne saurait résulter des seules excuses officielles. Il appelle à un travail historique, pédagogique et de sensibilisation durable pour affronter l’héritage de l’époque coloniale.

Dans un entretien accordé au quotidien « Ech Chaâb » en marge de sa participation au Salon international du livre d’Alger, M. Stora a expliqué que la longue durée de l’occupation française de l’Algérie, qui s’est étendue sur près d’un siècle et demi, et la nature du projet colonial de peuplement rendent particulièrement difficile, en France, de faire face à ce passé.

Des recommandations appliquées, d’autres en suspens

À propos du rapport sur la mémoire qu’il a remis en 2021 à la demande du président français Emmanuel Macron, M. Stora a relevé que ses recommandations ont été appliquées de façon inégale. Certaines propositions se sont concrétisées, notamment la reconnaissance de l’assassinat de figures algériennes, telles qu’Ali Boumendjel, Larbi Ben M’hidi et Maurice Audin, ainsi que des initiatives portant sur l’ouverture des archives et la remise des cartes des mines et des essais nucléaires.

En revanche, d’autres dossiers restent à traiter, parmi lesquels le sort des disparus de la guerre de libération nationale, les archives relatives aux essais nucléaires français dans le Sahara algérien et les opérations chimiques menées pendant la guerre.

L’historien a insisté sur le fait que les excuses officielles, dont il avait recommandé l’éventualité, doivent s’accompagner d’un vaste effort pédagogique et de sensibilisation, alors que des pans de la société française continuent d’ignorer la réalité du système colonial.

Il a également lié le ralentissement du processus de traitement de la mémoire aux pressions de l’extrême droite française, qui refuse de reconnaître le passé colonial. Il s’est dit inquiet d’un gel des efforts de restitution des biens historiques algériens si elle accédait au pouvoir.

Des biens algériens en attente de restitution

S’agissant des biens historiques, M. Stora a indiqué que l’Algérie n’a pas, à ce jour, récupéré ceux qu’elle réclamait, dont le canon Baba Merzoug et des objets liés à l’émir Abdelkader.

Il a estimé que l’adoption d’une loi française sur les biens spoliés pendant la période coloniale pourrait ouvrir la voie à leur restitution aux pays concernés, dont l’Algérie et d’autres États africains.

K. H. 

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