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«Six ans de normalisation… qu’avons-nous gagné ?» : le réveil d’un citoyen marocain (vidéo)

Six ans après la normalisation avec l’entité sioniste, un citoyen marocain adresse un message direct à Mohamed VI et au makhzen : «Qu’avons-nous gagné ?» Entre promesses non tenues sur le Sahara, isolement régional, ingérence israélienne et trahison de la cause palestinienne, sa colère résume le sentiment d’un peuple qui refuse de se taire.

Par Kahina Hammoudi 

Sous le titre évocateur de «Six ans de normalisation… qu’avons-nous gagné ?», un citoyen marocain a adressé, dans une vidéo diffusée le 2 novembre 2026, un message direct à Mohamed VI et à ceux qui gouvernent le Maroc.

Avec des mots simples, mais d’une brutalité rare, il a résumé normalisation avec l’entité sioniste : «Six ans de normalisation et de concessions en masse… arrive l’émissaire de Trump, et il vous dit : “La solution au conflit du Sahara est encore loin.” Puis vient l’ONU, et elle vous dit : “Le conflit du Sahara est revenu au point zéro.” »

Ce n’est pas une simple colère passagère. C’est le bilan amer d’un citoyen qui ne comprend plus : «Qu’avons-nous gagné de cette normalisation que vous présentez comme étant dans l’intérêt du pays ? Dites-moi ce que nous avons gagné ?»

Et d’ajouter : «Vous dites que vous normalisez pour la cause du Sahara, mais où est ce Sahara ? Où est cette cause ?»

Des questions auxquelles le makhzen semble n’avoir aucune réponse. Des questions qui révèlent le fossé entre le discours officiel, fait de promesses et de propagande, et la réalité vécue par des Marocains qui attendent encore l’essentiel : l’eau, l’emploi, l’école, la santé, la dignité.

 

Une normalisation à sens unique

On nous avait promis la modernité, les investissements, la technologie, la reconnaissance internationale. On nous a livré « une autoroute qui porte le nom de Donald Trump », une présence israélienne de plus en plus visible dans « la politique, les affaires sociales, économiques, industrielles du Maroc ».

Le citoyen ne s’y trompe pas : « On a glorifié le nom de Trump et déroulé le tapis rouge pour un accord qui n’a jamais eu le moindre effet concret. »

Pendant ce temps, rappelle-t-il, « on a oublié les citoyens qui souffrent de la pauvreté, de la faim et dorment à la belle étoile ».

Le Sahara : retour au point zéro

Le 30 octobre 2026, le projet de résolution américain sur le Sahara occidental et le renouvellement du mandat de la MINURSO est tombé au Conseil de sécurité, après le veto russe, malgré le soutien de onze membres et l’abstention du Pakistan, de la Chine et de la Somalie.

Pour le citoyen, c’est la preuve que la normalisation n’a rien apporté : « Le conflit du Sahara est revenu au point zéro. »

Le Sahara occidental demeure inscrit à l’ONU parmi les territoires non autonomes. L’absence de renouvellement du mandat de la MINURSO ne met pas fin à l’examen de la question par le Conseil de sécurité, qui conserve ses pouvoirs en vertu des articles 24 et 34 de la Charte des Nations unies.

Aucune autonomie imposée par le Conseil de sécurité. Aucune radiation du dossier de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale, chargée de la décolonisation. La question reste donc ce qu’elle a toujours été : « une question de décolonisation qui attend son référendum ».

L’Europe ne pardonne pas

Pire encore : le Maroc se retrouve face à une Europe qui soutient l’Espagne sur Ceuta et Melilla. Lorsque la France affirme que « l’Union Européenne doit unir ses forces », le message est clair pour Rabat : vous n’êtes plus un partenaire respecté, vous êtes un adversaire à contenir.

« Le Maroc est devenu un ennemi même pour l’Europe », résume amèrement le citoyen.

Et lorsque l’entité sioniste, par la voix de son ambassadrice en Espagne, reconnaît la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla, le paradoxe devient insoutenable pour le citoyen marocain. 

« L’ambassadrice israélienne en Espagne a déclaré officiellement que son pays soutenait la nationalité espagnole de Ceuta et Melilla ! », rappelle le citoyen. La leçon est claire : celui qui dépend d’un protecteur ne peut pas exiger la loyauté de ce protecteur.

La dignité n’est pas négociable

«Dites-moi ce que nous avons gagné avec cette normalisation? nous avons désobéi à Dieu, nous n’avons rien laissé de bon avec les voisins, nous n’avons pas préservé notre pays et son unité interne »

Cette question résume tout. Une politique étrangère ne se juge pas seulement à ses accords, mais à ce qu’elle laisse derrière elle : la confiance des voisins, l’unité interne du pays, la place de la nation dans la région, et la dignité de son peuple.

« Nous avons tout perdu », semble dire ce citoyen, dont la voix tremble entre la colère et la tristesse.

Le Maroc mérite mieux qu’une diplomatie des apparences. Il mérite une politique qui ne sacrifie ni son peuple, ni ses voisins, ni son avenir sur l’autel d’alliances fragiles.

Il n’a pas oublié non plus de rappeler aux dirigeants actuels du Maroc une vérité qu’ils préfèrent enterrer : ils ont vendu le Maroc à Israël, exactement comme leurs ancêtres l’avaient vendu à la France, en prétendant qu’elle viendrait le protéger. Mais la France n’est jamais venue protéger : elle est venue coloniser, dépouiller, soumettre.

Aujourd’hui, l’histoire se répète sous une autre forme. Mêmes promesses, mêmes illusions, même soumission. « Vous êtes des traîtres, comme vos aïeux ! », lance ce citoyen, dont la colère n’est pas celle d’un homme isolé, mais le cri d’un peuple qui refuse de revivre la même trahison.

K. H. 

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