Aber Kawas, première Palestinienne élue à l’Assemblée de l’État de New York
Soutenue par le maire Zohran Mamdani et les Democratic Socialists of America, la démocrate Abir Kawas devient la première Américaine d’origine palestinienne élue à l’Assemblée de l’État de New York. Sa campagne a porté sur l’immigration, le coût de la vie et l’arrêt du financement américain de la guerre à Gaza.

Par Kahina Hammoudi
L’histoire vient de s’écrire dans le Queens. Aber Kawas a remporté un siège à l’Assemblée de l’État de New York, dans le 12e district, devenant la première Américaine d’origine palestinienne à siéger dans cette institution législative. Une victoire qui dépasse largement le cadre électoral local : elle incarne la montée en puissance d’une génération militante, issue de l’immigration, qui refuse de rester en marge des décisions politiques.
Sa candidature, portée par le Parti démocrate, est le fruit d’un long parcours d’action communautaire. Une trajectoire qui a commencé dans les quartiers, au contact direct des difficultés quotidiennes, et qui s’est achevée — pour l’instant — sous les feux de la victoire électorale.
Une primaire remportée haut la main
Aber Kawas avait d’abord dominé la primaire démocrate avec environ 60% des voix, un score qui annonçait déjà la force de son ancrage populaire. Lors de l’élection générale, elle a bénéficié du soutien du maire de New York, Zohran Mamdani, de ses partisans et de l’organisation Democratic Socialists of America (DSA), l’une des forces politiques qui ont accompagné sa campagne.
Sur le réseau X, elle a résumé l’événement en quelques mots : «Nous faisons l’histoire». Une formule simple, mais lourde de sens pour une communauté palestinienne américaine qui attendait depuis longtemps de voir l’une des siennes accéder à une telle responsabilité.
We made history. 🇵🇸 https://t.co/r9dnacASP5
— Aber Kawas (@AberKawas) November 4, 2026
Une campagne ancrée dans le réel
Tout au long de sa campagne, Aber Kawas a centré son discours sur les préoccupations concrètes des New-Yorkais : l’immigration, la hausse du coût de la vie, la précarité croissante des familles travailleuses. Mais elle a également appelé à mettre fin au financement américain de la guerre de l’entité sioniste à Gaza, inscrivant ainsi la question palestinienne au cœur du débat politique local.
Un positionnement qui reflète l’évolution profonde d’une partie de l’électorat américain, de plus en plus critique envers les politiques de l’entité sioniste, particulièrement depuis le déclenchement de la guerre à Gaza.
Une histoire familiale marquée par l’exil
Née à New York dans une famille palestinienne, Aber Kawas porte en elle une histoire de déplacement et de résilience. Sa famille avait été chassée de Palestine en 1948 vers la Jordanie, avant de tenter de reconstruire sa vie aux États-Unis.
Mais le rêve américain s’est heurté à la réalité du système migratoire. Son père a été placé en détention par les services de l’immigration américains, puis expulsé vers la Jordanie. Dans un entretien accordé à Al Jazeera, elle a raconté que son père faisait partie des milliers de personnes passées par les centres de détention de l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE) avant d’être expulsées du pays.
La Palestine comme moteur politique
Pour Aber Kawas, ses origines palestiniennes ont été l’une des principales motivations de sa candidature. Paradoxalement, elles ont aussi été, pendant longtemps, la raison de son défiance envers la politique électorale — un système dans lequel les communautés marginalisées se sont souvent senties invisibles ou instrumentalisées.
Son parcours illustre pourtant une autre réalité : celle de communautés qui refusent désormais de rester spectatrices et qui investissent les institutions pour y porter leurs revendications. Sa victoire est, à ses yeux, le prolongement d’un combat plus large pour la représentation des voix longtemps écartées du pouvoir.
New York, nouveau bastion progressiste
Sa victoire s’inscrit dans la dynamique de la gauche progressiste à New York, qu’elle présente comme la continuité de la «victoire du peuple» incarnée par l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de la ville l’été dernier.
Elle témoigne aussi de l’influence croissante de l’aile progressiste au sein du Parti démocrate, dans un contexte où les critiques envers les politiques de l’entité sioniste gagnent du terrain, y compris au sein de la classe politique américaine.
Avec Aber Kawas, la cause palestinienne franchit un seuil symbolique et politique majeur : elle n’est plus seulement une question de solidarité militante, elle devient une voix institutionnelle, élue, au cœur de l’un des États les plus influents des États-Unis.
K. H.




