Le« nouveau» Dinar et les 400 milliards de dollars de PIB: Réalités et arguments pour des objectifs majeurs

Deux chiffres majeurs auxquels tient énormément Abdelmadjid Tebboune : les 400 milliards de dollars du PIB et 450.000 emplois qu’il promet de créer dans les 5 ans à venir.

En affichant publiquement et avec force ces objectifs, Tebboune laisse transparaître une grande confiance quant à la réalisation de ces défis en déclarant «je m’engage à créer 450.000 emplois et je vous demande de bien retenir cette promesse…».

Économiquement parlant et eu égard à l’envergure de ces annonces , les objectifs tracés par Abdelmadjid Tebboune sont ils à la portée du potentiel algérien ?

Il est vrai que bien avant d’annoncer sa candidature , le chef de l’État avait rendu publique sa détermination à réaliser un PIB  de 400 milliards de dollars à l’horizon 2027. Il relancera plusieurs fois cet engagement dont le poids a suscité tant de débats et d’analyses ici et ailleurs.

Est ce réalisable et comment ?

Actuellement le PIB de l’Algérie oscille entre 245 et 250 milliards de dollars . En dinars c’est autour de 36000 milliards de DA, comme l’annonçait en Avril dernier le ministre des Finances.

Il est utile de souligner que le symbole de richesse du pays ( le PIB ) est en réalité étroitement lié à la valeur du dinar.

Un dinar de bonne valeur va forcément renforcer celle du PIB .

Que vaut une monnaie si les biens et services sont indisponibles sur le marché, faute d’une production suffisante et variée ?

La valeur réelle du dinar doit forcément provenir de sa capacité à permettre d’acquérir des marchandises et services franchement disponibles et produits localement par une main d’oeuvre rémunérée en monnaie nationale.

C’est ce qui explique qu’à chaque sortie, le président Tebboune insistait sur la nécessité de revaloriser le dinar , préalable non négociable pour un PIB appréciable.

Pour mieux apprécier le lien , autant raisonner d’abord en dinars quand on évoque le PIB. Il est de 36000 milliards de dinars. Pour 1 dollar qui coûte 133 dinars, le PIB exprimé en dollars va s’affirmer autour de 270 milliards de dollars.

Imaginons un cours de change où un dollar coûterait 100 dinars, on aurait un PIB (36000 milliards de dinars) qui s’élèverait à 360 milliards de dollars !

Ceci pour démontrer qu’effectivement la valeur du PIB va être déterminée par celle de la monnaie nationale.

Quels sont donc les arguments qui fondent l’ambition de Abdelmadjid Tebboune ?

Ce dernier fait reposer sa projection sur la création de la valeur ajoutée attendue des 9000 projets d’investissements inscrits à l’AAPI ( agence de promotion des investissements). Ces derniers affichent un total de plus de 4000 milliards de dinars. Soit l’équivalent de près de 30 milliards de dollars qui viendront ainsi renforcer la richesse domestique et conférer au dinar un précieux appui .

D’un autre côté, Tebboune compte énormément sur les économies réalisées sur les réserves de change du pays , notamment avec l’entrée en vigueur des mesures de contrôle et de suivi des flux à l’importation.

Une démarche consistant à réduire la facture d’importation qui vient des fameux 62 milliards de dollars par an sous l’ancien régime et qui est aujourd’hui estimée à 43 milliards de dollars. Soit une économie de près de 40%!

Et encore, sur la lancée le président Tebboune envisage de produire localement certaines marchandises ( lait, huiles de table , sucre et blé) réputées budgtétivores en devises ( plus de 5 milliards de dollars par an ).

Substituer les importations par un certain niveau de production locale, stratégie qui anime la politique de l’investissement est un processus enclenché qui participe à la valorisation du dinar. D’autant qu’en contrepartie, les exportations hors hydrocarbures jusqu’ici ont touché plus de 5 milliards de dollars. Et elles devraient croître significativement avec l’entrée en production des plus gros investissements lancés en Algérie.

D’abord avec la mine de fer de Gara Djebilet, le phosphate de tebessa, la poudre de lait Baladna ainsi que le projet italien des céréales et légumineuses.

Une partie de ces projets devrait entrer en activité en 2027! L’année phare de l’économie algérienne.

De tels projets constituent au sens économique un moyen réel de production de richesse qui, au sens monétaire représentera la contrepartie réelle du dinar.

l’Algérie est tenue de renforcer ainsi la valeur du dinar dès que le niveau de production de biens et services sera suffisamment perceptible et dès que les recettes hors hydrocarbures dépasseront le cap des 7 milliards de dollars.

Jusqu’ici et face au dollar, le dinar algérien a gagné près de 5% en une année. Ce mercredi 4 septembre la cotation a encore évolué en faveur du dinar , toujours face à la monnaie américaine . Le cours est passé en dessous des 133 dinars pour 1 dollar.

Au regard des grands chantiers ouverts , cette progression pourrait se poursuivre notamment avec la maîtrise du taux d’inflation et des données statistiques qui ont permis d’actualiser la méthode de calcul du PIB qui tient compte désormais de statistiques et d’indicateurs fiables puisés de la réalité tout en reconsidérant l’année de référence. Un gros travail d’actualisation a été réalisé dans ce sens.

Un rebasage validé par les instances internationales telles le FMI et la Banque Mondiale.

Pour récapituler, rien ne semble s’opposer à la réalisation de l’objectif des 400 milliards de dollars de PIB si concrètement le dinar s’apprécie d’au moins 12% et que la cadence d’entrée en activité des 30 milliards de dollars de projets inscrits s’accélère comme souhaité.

Si l’Algérie réussit à atteindre un cours de change de 1 dollar pour 115 dinars tout en maintenant la croissance de 4% , il est au minimum envisageable de réaliser un PIB à 380 milliards de dollars en 2027!

Un défi qui fera changer de statut à l’Algérie. De pays en voie de développement à celui de pays émergent..

A.A

 

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