Benjamin Stora exige une ouverture totale des archives coloniales françaises aux historiens algériens

Par Kahina Hammoudi
À Annaba, lors d’une masterclass au musée d’Hippone en marge du Festival du film méditerranéen, l’historien français Benjamin Stora, aux côtés de la moudjahida Louisa Ighil Ahriz, a martelé l’urgence éthique d’un accès libre et sans entraves aux documents d’archives militaires et politiques français.
Fin de l’hégémonie archivistique
Stora dénonce les blocages bureaucratiques et sécuritaires qui perpétuent une lecture biaisée de l’histoire, imposée par des décennies de monopole français sur les sources primaires.
Ouvrir les tiroirs sous prétexte de «sécurité nationale» ou de lois restrictives freine la purification de la mémoire partagée et alimente les discours haineux nés des silences.
Acte politique fondamental
La transparence n’est pas qu’académique : c’est un geste libérateur contre l’instrumentalisation, un droit inaliénable pour les chercheurs algériens d’écrire leur passé colonial de 1830-1962 sans tutelle.
Les archives reviennent aux peuples, essentielles pour forger les identités des deux rives liées par l’histoire migratoire et révolutionnaire.
Bataille cinématographique inégale
Stora pointe l’absence d’images françaises sur la guerre due à la censure coloniale, contre le manque de moyens algériens.
Émergence anticoloniale avec Vautier (« Avoir 20 ans dans les Aurès ») et Boisset (« R.A.S »), puis triomphe de Lakhdar Hamina (« Le Vent des Aurès », « Chronique des années de braise ») ; le cinéma hexagonal des années 80-90 reste unilatéral, muet sur les crimes coloniaux.
Priorité de la commission mixte
La plateforme algéro-française des historiens érige cet accès complet en urgence absolue, seule voie vers une relation égalitaire fondée sur la reconnaissance des faits documentés.
K. H.




