Trump a-t-il commis des actes passibles de destitution ? « Absolument, sans l’ombre d’un doute » fulmine AOC
Alexandria Ocasio-Cortez, figure progressiste new-yorkaise, estime que Donald Trump a "absolument" commis des actes passibles de destitution.
Par Kahina Hammoudi
Alexandria Ocasio-Cortez, figure emblématique de l’aile progressiste du Parti démocrate, tranche avec une fermeté catégorique : Donald Trump a franchi les seuils d’illégaux susceptibles de justifier une destitution, «absolument, sans l’ombre d’un doute». Interrogée par la presse, la représentante new-yorkaise expose une criminalité «tout à fait évidente», le nœud gordien résidant dans la sélection des actes illégaux à consigner dans les articles d’impeachment.
Elle désigne nommément la saisie arbitraire de fonds fédéraux inaugurale de ce second mandat : «Dès le départ, avec la rétention de ressources publiques destinées à l’allocation nationale, la ligne a été outrepassée». Cet abus de pouvoir inaugural hypothèque l’avenir collectif des citoyens américains. Au-delà, s’inscrit une politique d’austérité sélective : réduction drastique de 555 millions de dollars à la Banque africaine de développement en 2026, et retrait des États-Unis de 66 organisations onusiennes, incluant le Fonds des Nations Unies pour la population, autant de réorientations unilatérales qui érodent la gouvernance multilatérale.
Parallèle maghrébin : l’axe Trump et les vulnérabilités du Sud global
Dans le Maghreb, ces dispositions résonnent avec une acuité particulière. L’escalade des tarifs douaniers américains à 30% sur les exportations algériennes, motivée par un bilatéralisme mercantiliste, exacerbe les déséquilibres budgétaires d’Alger et précipite l’érosion des réserves de change (de 67 à 47 milliards de dollars en un exercice). Ce choc exogène amplifie l’endettement extérieur des États sahariens, contraints à des emprunts onéreux dans un contexte de volatilité des hydrocarbures.
La diplomatie trumpienne, qualifiée de pragmatique par ses thuriféraires, impose des accords bilatéraux asymétriques au Maroc, exerce des pressions sur Abdelmadjid Tebboune et Kaïs Saïed, privilégiant des alliances transactionnelles au détriment des souverainetés plurielles. En Algérie, bastion historique de la décolonisation, ces pratiques évoquent les interférences impérialistes du XXe siècle, interrogeant la résilience des institutions face à l’unilatéralisme washingtonien.
Dilemmes démocrates et horizons stratégiques
Au sein du camp démocrate, prudence stratégique et ferveur idéologique s’affrontent : certains appréhendent les répercussions électorales des midterms. Trump, prophète autoproclamé de sa propre fragilité, exhorte ses partisans : «Remportez les élections de mi-mandat, sans quoi l’impeachment surviendra inévitablement». Aveu implicite d’une vulnérabilité constitutionnelle.
AOC rétorque avec une intransigeance éthique : «La responsabilité doit irriguer notre praxis gouvernementale ; je n’ai pas sollicité le suffrage pour éluder la reddition de comptes». Depuis Alger, cette posture suscite une adhésion viscérale, contrastant avec les connivences endémiques qui gangrènent certaines élites locales.
La confrontation à Washington transcende l’Atlantique : un éventuel échec de l’impeachment légitimerait une hégémonie prédatrice, au préjudice du Sud global.
K. H.





