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Sahara occidental : le rapport de Guterres met à nu le mensonge marocain

Par Kahina Hammoudi 

Le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, daté du 1er octobre 2026, ruine le récit d’une victoire définitive de Rabat. L’autonomie n’est pas consacrée, l’autodétermination reste à l’ordre du jour.

Pendant des mois, le Makhzen a martelé que le dossier du Sahara occidental était clos. Le rapport d’Antonio Guterres, tel que rapporté par EC Saharaoui, dit tout autre chose. Aucune solution n’est imposée, aucun résultat n’est écrit d’avance, et le droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même demeure inscrit dans l’objectif de tout accord final.

La résolution 2797 ramenée à sa juste place

Célébrée à Rabat comme un triomphe, la résolution 2797 n’est citée dans le texte onusien que comme «une base». D’autres idées, propositions et formules peuvent donc être examinées. L’objectif reste une solution politique définitive, mutuellement acceptable, qui n’exclut pas l’autodétermination. Le plan d’autonomie de 2007 n’est ni sacralisé ni exclusif.

Un Maroc qui parle autrement à huis clos

Le contraste est frappant. Dans les rounds de négociations avec le Front Polisario, sous l’égide des États-Unis et de l’ONU, la délégation marocaine s’est dite prête à bâtir avec lui un résultat assumé conjointement. Un cadre transitoire et d’autres points de convergence ont été évoqués. Washington et l’ONU cherchent à faire accepter un cadre de négociation d’un modèle d’autonomie détaillé, tout en développant une consultation de la population sahraouie, conformément au principe d’autodétermination. Loin du discours public d’une initiative fermée à toute discussion.

Les revers s’enchaînent pour le Makhzen 

Quelques jours plus tôt, Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, déclarait sur France 24 que le règlement était loin d’être imminent. Mike Waltz, ambassadeur américain à l’ONU, a ensuite reçu une délégation sahraouie de haut rang : Mohamed Salem Ould Salek, Mohamed Yeslem Beissat et le représentant du Polisario à l’ONU. Pour Sidi Mohamed Omar, cette rencontre s’inscrit dans un dialogue permanent avec Washington, qui tient la plume sur la MINURSO. Le même diplomate rappelle que le secrétaire général confirme que le Sahara occidental reste, pour les instances onusiennes, une question de décolonisation.

La MINURSO, l’heure de vérité

Jeudi, le Conseil de sécurité entendra à huis clos Staffan de Mistura et Alexander Ivanko. Le 31 octobre, il décidera de prolonger le mandat d’un an ou d’opter pour un renouvellement plus court, afin d’évaluer plus tôt les négociations et l’examen stratégique de la mission. Le Maroc veut en finir avec une mission dont le nom même rappelle l’engagement d’un référendum.

Les réfugiés, éternels oubliés

Depuis 1975, les réfugiés sahraouis attendent. Plus de cinquante ans d’exil, dans l’espoir d’un scrutin que la communauté internationale avait promis. Le droit international ne se déplace pas au gré des alliances, et c’est ce que rappelle, une fois de plus, le rapport de Guterres.

K. H.

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