Sahara occidental : «Le Maroc n’a aucune souveraineté sur le territoire, la politique du fait accompli est rejetée», affirme Ali Kafssi devant l’ONU

Par Kahina Hammoudi
Le chercheur en affaires africaines et journaliste solidaire de la cause sahraouie Ali Kafssi a affirmé que la question du Sahara occidental demeure une question de décolonisation inachevée. Intervenant devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, il a affirmé que les tentatives d’imposer le fait accompli ne peuvent porter atteinte au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.
L’avis de la CIJ de 1975 invoqué contre les prétentions marocaines
M. Kafssi a soutenu que les revendications marocaines de « souveraineté » historique sur le Sahara occidental contredisent les conclusions de l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) en 1975. Il a ainsi démontré que les liens historiques examinés par la Cour n’ont pas établi de liens de « souveraineté » territoriale entre le territoire et le Royaume du Maroc.
Il a ajouté que les tentatives d’imposer l’identité marocaine au territoire ne constituent pas une preuve de souveraineté, mais reflètent la persistance du différend sur son statut juridique et politique.
Consulats, mur de sable : la politique du fait accompli dénoncée
L’intervenant a critiqué la politique du fait accompli que le Maroc cherche à consolider par l’ouverture de consulats et la construction de murs de sable minés. Ces mesures, a-t-il affirmé, ne changeront pas la nature juridique du dossier, qui reste une question de décolonisation non achevée.
Non à l’autonomie comme solution unique
M. Kafssi a rejeté la thèse de l’autonomie présentée comme seule solution, y voyant une tentative de contourner le droit du peuple sahraoui à choisir librement et équitablement son avenir. Il a renouvelé son appel à lui permettre d’exercer son droit à l’autodétermination par un référendum organisé sous l’égide de l’ONU.
Ressources naturelles : une question de droit international
Sur le plan économique, il a critiqué l’usage du développement dans les villes occupées pour justifier le maintien du contrôle sur le territoire. L’exploitation de ses ressources naturelles soulève des problèmes au regard du droit international et du droit international humanitaire.
«La force militaire ne peut trancher les droits des peuples»
M. Kafssi a souligné que la résilience du peuple sahraoui et son attachement à ses droits maintiendront la question ouverte jusqu’à une solution garantissant l’exercice de l’autodétermination. La force militaire, a-t-il martelé, ne peut trancher les droits légitimes des peuples.
K. H.




