Régulation du marché, habitat en zones forestières et sécurité hydrique: le gouvernement traduit les directives de Tebboune en actions concrètes

Par Kahina Hammoudi
Réunis ce dimanche sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, les membres du gouvernement ont passé au crible une série de dossiers stratégiques, tous directement liés au quotidien des Algériens : régulation du marché des produits alimentaires et agricoles de large consommation, habitat en zones forestières, modernisation de la formation professionnelle et consolidation de la sécurité hydrique.
Une réunion qui s’inscrit dans la continuité directe des orientations fixées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier Conseil des ministres, consacré notamment à la protection du pouvoir d’achat, à la régulation du marché intérieur et à l’accélération des projets de dessalement de l’eau de mer.
Le marché national sous haute surveillance
En ouverture de la réunion, le gouvernement a examiné les mesures engagées pour mettre en œuvre les décisions présidentielles relatives à la régulation du marché des produits de large consommation, un dossier qui touche au cœur de la vie quotidienne des citoyens.
Le dispositif déployé, aux niveaux central et local, vise à garantir la disponibilité des produits de première nécessité à des prix accessibles. Il repose sur une coordination étroite entre les walis, désormais investis de missions élargies de gouvernance, et les administrations centrales, afin de suivre en continu la circulation des marchandises, du producteur au consommateur.
Cette approche fait écho aux instructions du chef de l’État, qui avait ordonné la mise en place d’un mécanisme de suivi en temps réel des prix, le renforcement des brigades de contrôle et l’encadrement strict des intermédiaires commerciaux, afin de juguler toute spéculation illicite et de préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Les rencontres directes engagées avec les représentants des filières agricoles, des organisations commerciales et des acteurs des chaînes d’approvisionnement témoignent d’une volonté de construire une régulation participative, fondée sur le dialogue et la remontée rapide de l’information depuis le terrain. Des mesures dissuasives, en coordination avec les services de sécurité et la justice, viendront sanctionner tout comportement de monopole ou de spéculation.
L’habitat en zone forestière entre dans l’ère de la norme
Autre dossier sensible examiné par l’exécutif : l’élaboration d’un projet de loi fixant les normes relatives à l’habitat dans les zones forestières, en application des instructions du président Tebboune du 30 août 2026.
Les conclusions de l’atelier d’experts chargé de préparer ce texte ont été présentées au gouvernement. Elles seront soumises à validation lors de la réunion du comité sectoriel installé par le Premier ministre le 16 septembre dernier.
L’objectif est double : protéger les personnes et les biens contre les risques d’incendie, récurrents dans ces zones sensibles, et faciliter les procédures d’intervention sur le terrain lors des opérations de secours et de prévention. Une avancée réglementaire attendue dans un pays où la pression urbaine sur les espaces forestiers ne cesse de croître.
La formation professionnelle, chantier de la modernisation
Le gouvernement a également examiné le cadre de référence des normes techniques et architecturales du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels. Un projet ambitieux qui vise à unifier les standards de conception et d’équipement des établissements, tout en intégrant des spécifications environnementales et numériques.
Cette modernisation doit permettre de rationaliser les coûts de réalisation des infrastructures et d’améliorer la qualité des espaces pédagogiques. L’enjeu est de taille : doter les jeunes stagiaires de compétences réellement adaptées aux besoins du marché du travail, dans une logique d’adéquation formation-emploi chère à la politique nationale de développement des ressources humaines.
L’eau, priorité absolue de la sécurité nationale
En clôture de la réunion, le gouvernement s’est penché sur le suivi des travaux de raccordement de l’aval — rejet de saumure et ouvrages de sortie — des nouvelles stations de dessalement d’eau de mer, dans le cadre du renforcement du système national de sécurité hydrique.
Un dossier qui s’inscrit directement dans les orientations du président Tebboune, qui avait insisté lors du dernier Conseil des ministres sur l’urgence de raccorder les nouvelles stations de dessalement afin d’alimenter en priorité les wilayas concernées, notamment Chlef, Mostaganem et Tlemcen, avant une extension progressive à d’autres régions après évaluation technique rigoureuse.
Le chef de l’État avait également réaffirmé sa fermeté sur le contrôle de l’octroi des permis de forage, afin de préserver les nappes phréatiques, une directive appelée à être intégrée dans le futur projet de loi d’orientation agricole.
Une gouvernance en action
Au-delà de la diversité des sujets abordés, cette réunion du gouvernement illustre une méthode de gouvernance claire : traduire rapidement les orientations présidentielles en dispositifs opérationnels, mesurables et suivis dans la durée.
De la régulation des prix à la sécurité hydrique, en passant par la modernisation de la formation professionnelle et l’encadrement de l’habitat en milieu forestier, l’exécutif affiche une volonté de traiter les dossiers de manière globale et coordonnée, avec un fil conducteur constant : améliorer les conditions de vie des citoyens et renforcer les capacités structurelles du pays.
Une dynamique qui devra désormais se confirmer sur le terrain, là où se jouera véritablement l’efficacité de ces mesures.
K. H.




