Industrie pharmaceutique: Priorité à la fabrication locale du médicament

Le ministre de l’Industrie et de la production pharmaceutique Ali Aoun, est formel. Selon lui, nulle question d’évoquer une quelconque rupture de médicaments dans les officines.

Lors d’une d’une audition devant la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre a dans ce sens, relevé une amélioration par rapport à la fin de 2022, où une trentaine de médicaments étaient en rupture contre une dizaine en novembre 2023, sachant que la plupart des problèmes de disponibilité des médicaments pour diabétiques comme l’insuline, des collyres et des pilules contraceptives ont été résolus.

Assurant la disponibilité des produits d’anesthésie dentaire, le ministre a fait état de la mise sur le marché de plus de 6.850.000 doses, dont 5 millions de doses ces trois derniers mois, outre 600.000 doses qui seront distribuées cette semaine, 1.700.000 doses en cours de dédouanement, qui devraient être réceptionnées cette semaine, et 950.000 doses en cours de contrôle et de dédouanement.

Il a également annoncé la réception prochaine d’un million de doses, précisant que les services du ministère continuaient de diversifier les sources d’approvisionnement des produits anesthésiants, en plus de l’implantation de quatre projets de production locale.

Par ailleurs, et en ce qui concerne le développement du tissu industriel pharmaceutique local, le ministre a déclaré que le nombre d’entreprises de production pharmaceutique s’élevait à 203 entreprises, dont 189 sites de production et 14 entreprises de production dans le cadre de la sous-traitance.

Après avoir expliqué que sur l’ensemble des entreprises, 114 étaient spécialisées dans la production de produits pharmaceutiques, 70 dans la production de dispositifs médicaux et 5 dans la production à la fois de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux, Ali Aoun a souligné que la priorité pour 2023 était de se tourner vers la production de médicaments à forte valeur ajoutée qui étaient exclusivement importés, afin de sortir de la dépendance à l’importation et d’assurer une meilleure disponibilité.

Le ministre a rappelé, dans ce sens, la production effective par un groupe national de stylos à insuline, dont l’importation coûtait environ 100 millions d’euros, le lancement par Saïdal de la production d’insuline en flacons, ainsi que l’octroi d’une licence à un consortium de multinationales pour la construction d’une usine d’assemblage de stylos à insuline, avec pour exigence l’augmentation du taux d’intégration et la réduction des prix des intrants, ce qui permettra de réduire la facture d’importation d’environ 44 millions d’euros et de 17 millions d’euros au titre du remboursement au niveau des caisses de sécurité sociale.

Réduire la facture d’importation : Une priorité.

Outre les nouveaux projets à l’étude pour la production locale d’autres types d’insuline, le ministre a rappelé que la facture d’importation de tous les types d’insuline (stylos et flacons) avait été réduite de 68 millions d’euros au cours de la première année de la production locale, soit une réduction de 21% par rapport à la facture de 2022, qui s’élevait à 320 millions d’euros.

Concernant les médicaments anticancéreux, le ministre a fait savoir sur six projets validés, deux fabricants recourent à un cycle complet de production des formes sèches et deux autres en sont à des étapes avancées d’inscription post-production, évoquant le lancement de la production de formes injectables d’anticancéreux durant le 2e semestre de 2024.

Pour ce qui est de la production de collyres et de pilules contraceptives et de la possibilité de production d’hormones de croissance, le ministre a fait état de l’accompagnement des fabricants locaux, à l’image du groupe Saïdal, pour la production d’autres types de médicaments à forte valeur ajoutée qui étaient en rupture comme les collyres et les hormones de croissance.

Il a cité également la réhabilitation des usines conformément aux bonnes pratiques de production des pilules contraceptives pour atteindre de hauts niveaux de production.

S’agissant des projets de production des matières premières, le ministre a indiqué qu’il existait une volonté claire chez les investisseurs de produire les matières premières des médicaments de base, comme le paracétamol et les antibiotiques, vu leur grande importance, citant le projet du groupe IMGSA pour la production des matières premières nécessaires à la fabrication du paracétamol et le projet de Saïdal avec un partenaire indien pour la production des matières premières destinées à la fabrication des antibiotiques.

Le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique a d’autre part relevé que le taux de couverture du marché national en produits pharmaceutiques fabriqués localement était de 68% et devrait atteindre 70%, soulignant que le tissu industriel local comptait actuellement 203 entreprises de production pharmaceutique.

Les TIC pour s’assurer un encadrement réglementaire des marchés du médicament.

Par souci de garantir la disponibilité des médicaments et de suivre leur traçabilité et dans le cadre de la lutte contre toute pratique commerciale illicite comme le monopole et la vente concomitante, « il était nécessaire de développer la plateforme numérique du ministère pour assurer un encadrement réglementaire des marchés de ces produits », a souligné le ministre.

La plateforme numérique du ministère regroupe actuellement les données relatives aux programmes de production et de réception conformément aux programmes d’importation, outre les déclarations hebdomadaires des stocks des producteurs et des importateurs et les quantités distribuées pour les produits pharmaceutiques, a expliqué le ministre, soulignant que plus de 5000 déclarations hebdomadaires avaient été reçues et traitées via cette plateforme.

Les services du ministère procèdent, par ailleurs, au traitement hebdomadaire de près de 18.000 données numériques sur les niveaux des stocks, les numéros des lots, le conditionnement et les niveaux des stocks des matières premières par rapport au nombre d’unités à commercialiser, a conclu le ministre.

R.A

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