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Importation des voitures d’occasion en Algérie : les autorités remettent de l’ordre

Les autorités algériennes renforcent la réglementation sur l’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans, réservée aux particuliers résidents. Ce rappel vise à freiner les pratiques illégales des entreprises et à contenir la flambée du marché parallèle de la devise.

Par Kahina Hammoudi 

Les autorités algériennes reprennent le contrôle sur un marché largement dérégulé : celui des véhicules d’occasion de moins de trois ans importés.

Dans un communiqué conjoint publié hier, le ministère du Commerce extérieur et la Direction générale des Douanes rappellent que cette opération est strictement réservée aux particuliers, résidents en Algérie, conformément à l’article 110 de la loi de Finance 2020, modifié par l’article 208 de la loi de Finance 2025.

L’importation des véhicules récents est ainsi interdite aux entreprises, quelle que soit leur nature ou leur forme juridique.

Tout affichage ou vente en dehors du cadre légal est formellement prohibé.

Une mise au point essentielle dans un contexte où le marché de l’occasion s’est littéralement emballé.

Une bulle spéculative portée par les réseaux sociaux et les intermédiaires

Ces derniers mois, les réseaux sociaux ont vu éclore une nouvelle tendance : des sociétés intermédiaires, surtout issues de la filière chinoise, proposent des services d’importation, souvent hors cadre légal.

Les modèles Toyota, Volkswagen, Kia, Hyundai, Geely, et Chery dominent cette offre en pleine expansion.

Sur cette toile, des commerçants issus de secteurs aussi variés que le textile, les fruits et légumes, ou le meuble, se lancent à leur tour dans cette activité lucrative. Grâce à des vidéos sponsorisées et une communication agressive, ils exposent leurs flottes de voitures importées, alimentant une guerre commerciale féroce.

Un impact direct sur la flambée de la devise sur le marché parallèle

Outre la perturbation du marché automobile, cet emballement a aussi des répercussions macroéconomiques notables. L’explosion de ces activités parallèles contribue à la dépréciation accélérée du dinar sur le marché noir. Hier encore, l’euro a atteint un nouveau record à 283 dinars, accentuant la pression sur la stabilité monétaire.

Réglementation vs marché sauvage : un défi pour les autorités

Initialement pensée pour permettre aux particuliers d’accéder à des véhicules récents à moindre coût, cette mesure se transforme désormais en un véritable business parallèlement encouragé par un vide réglementaire.

Le durcissement de l’application des textes s’avère indispensable pour préserver l’économie nationale et éviter une concurrence déloyale qui pourrait menacer aussi bien le secteur automobile national que les équilibres financiers.

K. H.

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