Phosphate intégré: l’italien Saipem et le chinois CHEC annoncent la couleur…

Par Nadera Rebiai
Sonatrach et la société Algerian Fertilizer Company (AFC) ont signé, mercredi dernier, deux contrats EPC avec l’italienne Saipem S.p.A et la chinoise CHEC (China Harbour Engineering Company), dans le cadre du Projet Phosphate Intégré (PPI).
Saipem hérite du volet industriel : la transformation et la production d’engrais, sur les sites de Bled El Hadba (Tébessa) et d’Oued El Keberit (Souk Ahras)…le calendrier est serré, ce segment sera mené en EPC Fast Track, un mode d’exécution accéléré imposé par l’État pour tenir les délais fixés.
Le chinois CHEC, de son côté, prend en charge les installations portuaires d’Annaba, point de sortie des excédents d’engrais vers l’export.
L’attribution du volet industriel à Saipem n’a rien d’automatique. Le groupe italien avait remporté, dès juin 2025, un contrat FEED (Front End Engineering Design) à l’issue d’un processus concurrentiel opposant deux candidats sur les plans technique et économique, c’est à l’issue de cette phase de conception que Sonatrach a tranché en sa faveur pour l’attribution directe du contrat EPC désormais signé.
Les chiffres du premier volet
À Bled El Hadba, la capacité d’extraction visée est de 5,5 millions de tonnes de phosphate brut par an, pour 3,2 millions de tonnes de phosphate concentré.
A Oued Keberit, les unités projetées doivent produire 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 570 000 tonnes d’engrais azotés par an avec, en amont, la fabrication d’acide sulfurique, d’acide phosphorique et d’ammoniac.
Les installations portuaires d’Annaba complètent le dispositif, aux côtés des utilités et infrastructures auxiliaires nécessaires à l’exploitation de l’ensemble.
Des réserves qui placent l’Algérie parmi les géants du secteur
Le gisement de Bled El Hadba, à lui seul, représente environ 1,2 milliard de tonnes de réserves, exploitable sur plus de 80 ans selon les estimations disponibles.
Ce potentiel positionne l’Algérie parmi les dix premiers pays au monde en réserves de phosphate, une donnée que Sonatrach met régulièrement en avant pour justifier l’ambition du projet.
Un précédent en Algérie
Le PPI est le premier projet de cette envergure à intégrer extraction minière et production d’engrais sur le territoire national, sonatrach y voit un outil d’autosuffisance agricole, un gisement d’emplois pour les wilayas de Tébessa et Souk Ahras, et une carte à jouer sur le marché mondial des fertilisants dans un contexte où la maîtrise des engrais est de plus en plus présentée, y compris au sommet de l’État, comme un enjeu de souveraineté à part entière.
N.R




