Hebdo Show Al24 News : Révélations sur le nettoyage ethnique à El-Facher au Soudan et le rôle des Émirats
Le théâtre d’El-Facher, aujourd’hui épicentre d’un drame africain occulté, résonne des souffrances de millions de civils pris au piège d’un conflit où l’économique croise l’ethnique, et où la géopolitique instrumentalise le chaos.
Par Kahina Hammoudi
Dans l’émission Hebdo Shows de Al24 News, plusieurs voix se sont élevées pour dévoiler le drame silencieux et méconnu qui embrase le Soudan. Au cœur de cette faillite humaine, la ville d’El-Facher incarne aujourd’hui l’épicentre d’un nettoyage ethnique implacable, orchestré par les Forces de soutien rapide (FSR), bras armé d’une guerre implacable dirigée par Mohamed Hamdan Daglou, avec la complicité perfide et affairiste des Émirats arabes unis.
Le théâtre d’El-Facher, aujourd’hui épicentre d’un drame africain occulté, résonne des souffrances de millions de civils pris au piège d’un conflit où l’économique croise l’ethnique, et où la géopolitique instrumentalise le chaos.
Les Forces de soutien rapide (FSR) sont devenues le bras armé d’une guerre dont la brutalité vise à effacer les peuples non-arabes du Darfour, sous la houlette de Mohamed Hamdan Daglou – et avec le parrainage affairiste des Émirats arabes unis. «La situation humanitaire au Soudan est extrêmement préoccupante, marquée par un conflit armé violent depuis avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR). Ce conflit a provoqué des milliers de morts, des millions de déplacés, et un désastre humanitaire majeur, notamment dans la région de Darfour et la ville d’El-Fasher, prise récemment par les FSR après un long siège», souligne Kamal Mansari, Directeur de la publication du Jeune Indépendant, qui souligne par la même occasion que « L’ONU alerte sur l’aggravation de la situation, avec des attaques contre les civils, des massacres, des pillages, et des risques de violence sexuelle, ainsi qu’une crise sanitaire aggravée par la recrudescence du choléra. La protection des civils et des travailleurs humanitaires, ainsi que l’accès sans entrave à l’aide humanitaire, sont des priorités lourdes».
L’or du Soudan, vendu à Dubaï, finance la violence et entretient cet engrenage tragique ; terreau fertile d’intérêts croisés, où la finance des Émirats s’affiche sans fard, où le sponsoring prend la forme obscène d’un vol organisé des richesses d’un peuple meurtri.
Les intervenants insistent sur la mobilisation internationale nécessaire, mettant en garde contre une aggravation rapide de la situation sur le terrain.
L’Algérie, à l’instar d’autres pays et organisations, appelle à une réponse internationale pour la fin des hostilités et la conduite d’un cessez-le-feu durable, soulignant l’urgence humanitaire et la nécessité de négociations politiques pour garantir la vie et la dignité des civils.
Du complot international aux logiques de partition
Lors du précédent numéro de l’émission Habdo Show, Mahdi Ghezzar, chroniqueur et éditorialiste a exposé la mécanique d’une guerre par procuration, où les Émirats, Israël et les milices russes du groupe Wagner orchestrent la dislocation du Soudan à la lumière de modèles déjà appliqués au Yémen : des lignes de fracture tracées pour mieux contrôler l’or, les terres fertiles, et la sève du Nil.
À la table du malheur soudanais siègent des parrains multiples.
« La justice internationale s’est saisie du dossier, mais le ballet des sponsors du chaos reste opaque, insaisissable », a insisté Mehdi Ghezzar.
L’enjeu majeur se lit sur les cartes : mines d’or capturées, contrôle de l’eau menacé par le grand barrage éthiopien, et une lutte sourde pour la survie face à des logiques qui rappellent les pires heures du pillage colonial.
Car le Soudan, troisième producteur d’or en Afrique, voit ses entrailles livrées à la rapacité des FSR, alimentées et soutenues par des réseaux transnationaux avides de minerais et de profits.
Pékin et Wagner, eux aussi, tirent leur épingle du jeu, exploitant la confusion pour s’asseoir sur les ressources locales.
Un laboratoire de déstabilisation régionale
Plus pervers encore, la crise soudanaise dépasse les frontières : « les Émirats construisent leur sphère d’influence au Sahel, cherchant à isoler l’Algérie – dernier rempart contre les ambitions néocoloniales dans la région », a soulevé Kamal Mansari.
Cette menace n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un schéma que l’on retrouve au Yémen, en Libye, et désormais au Sahel où les EAU déploient leur pouvoir déstabilisateur, tentant d’affaiblir l’Algérie, dernier bastion de résistance face au rouleau compresseur d’intérêts étrangers. L’objectif est clair : isoler l’Algérie, fracturer les alliances régionales et s’approprier les terrains d’influence.
Le Maroc, allié aux Émirats et à Israël, s’inscrit dans le même dispositif. Au Sahara occidental, la diplomatie algérienne se dresse en ultime vigie contre la fragmentation du Maghreb.
Face à cette chaîne de complicités, la demande est claire : soumettre les sponsors étrangers de la tragédie soudanaise à la Cour pénale internationale, et freiner l’appropriation illégale des biens communs africains.
Au moins 40 morts dans une attaque au Kordofan-Nord
Une attaque dans la ville stratégique d’El-Obeid, capitale régionale du Kordofan-Nord, au Soudan, a fait au moins 40 morts, a annoncé mercredi le bureau des affaires humanitaires de l’ONU dans un communiqué.
Les Nations unies n’ont pas précisé le jour de l’attaque ni ses responsables, mais elle s’est produite alors que les combats pour le contrôle de cette région du centre du Soudan s’intensifient entre les Forces de Soutien Rapide (FSR) et l’armée.
Plus de 1500 civils ont été tués en octobre dernier par les FSR, en conflit avec l’armée soudanaise, selon des statistiques fournies lundi par l’ONG Acled, qui répertorie les victimes de conflits à travers le monde.
Au total, depuis mi-avril 2023, l’ONG a répertorié près de 49.800 morts au Soudan, dont près de 15.300 civils. La moitié des morts ont été comptés dans les régions du Darfour-Nord et de Khartoum (environ 14.000 et 11.200). En cours depuis avril 2023, le conflit a aussi fait des millions de déplacés et provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU.
L’humanité sacrifiée, l’urgence d’agir
La violence ethnique, la rapacité des élites et la froideur stratégique des parrains étrangers font du Soudan le laboratoire d’une Afrique menacée dans sa souveraineté et sa dignité. Les chiffres parlent : 30 millions d’âmes au bord du gouffre, 13 millions déplacées, l’or pillé, les champs stérilisés, l’eau arrachée à ceux pour qui elle est une question de survie.
Les ONG s’alarment, les agences onusiennes demandent un accès sans entrave pour sauver ce qui peut l’être.
Ce drame, étouffé par le silence international, exige que les consciences se réveillent, que l’impunité cesse. Car si le Soudan sombre, il entraîne dans sa chute toute la région, et avec elle, des peuples entiers privés du droit de vivre et d’espérer.
La famine est présente et les aides internationales qui n’arrivent pas de manière efficiente ne font qu’aggraver la situation. En plus, le plan de paix présenté par le quartet USA-Emirats Arabes Unis-Egypte-Arabie Saoudite a été rejeté par le gouvernement d’El Burhan car : « il est impossible d’accepter un plan de paix présenté par un pays qui est partie prenante du conflit, c’est inconcevable ».
L’Algérie tente de faire aboutir un plan de paix durable mais elle est toujours contrariée par les EAU qui veulent maintenir le brasier toujours allumé au Soudan, dans une volonté de mettre en place leurs plans d’hégémonie.
Pourtant, les Emirats Arabes Unis ont été mis au ban de la communauté internationale pour leur participation à ce massacre de civils par les FSR qu’ils soutiennent en leur fournissant armes, munitions et même combattants, activités qui ont été dénoncées par plusieurs sources, preuves à l’appui.
K. H.





