Elections locales: Retour en «force des partis politiques»

Par Youcef.O
À la veille du lancement de la campagne électorale pour les élections locales, prévu demain jeudi, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) affiche sa préparation et mise sur un dispositif organisationnel renforcé pour encadrer cette échéance.
Avec près de 163 000 candidats en lice, une participation importante des jeunes et un dispositif inédit de répartition du temps d’expression dans les médias publics, le scrutin s’annonce comme un rendez-vous majeur pour la vie politique locale.
Intervenant ce mercredi, sur les ondes de la chaîne I de la Radio nationale, Ali Benzadi, membre de l’ANIE, a présenté un état des lieux des préparatifs, des candidatures et des mécanismes de contrôle prévus durant la campagne, annonçant que les chiffres définitifs des listes retenues seront communiqués au cours de la journée de ce mercredi, après l’achèvement des dernières opérations d’examen des dossiers.
Sur le volet des candidatures, les premiers chiffres communiqués font état de 5 631 listes pour les Assemblées populaires communales (APC) et de 434 listes pour les Assemblées populaires de wilaya (APW).
La participation concerne 25 partis politiques et 51 alliances partisanes. Les premiers examens avaient fait ressortir six listes rejetées au niveau des APW et trois au niveau des APC. À ce stade, sept listes d’APW ont été écartées, tandis que le bilan communal reste en cours de finalisation.
« Nous avons fait preuve de souplesse chaque fois que cela était possible dans le cadre de la loi, notamment en facilitant les procédures de remplacement des candidats », a expliqué Ali Benzadi.
L’objectif, selon lui, « était de permettre aux formations politiques et aux listes indépendantes de régulariser leurs dossiers sans déroger aux exigences légales », rappelant que « les candidats disposent également des voies de recours devant les juridictions administratives compétentes. »
Une évolution notable avec le retour en force des partis politiques
Le paysage politique connaît également une évolution notable avec le retour en force des partis politiques, dont la participation s’est renforcée par rapport aux précédentes échéances électorales.
À l’inverse, les listes indépendantes enregistrent un recul. Selon Ali Benzadi, cette tendance traduit « une reprise de la dynamique partisane et un regain d’activité des formations politiques sur la scène nationale ».
Il relève que les chiffres témoignent d’une présence « plus affirmée des partis dans la compétition électorale », tout en soulignant « l’importance de cette mobilisation pour la vitalité de la vie politique locale. »
Les jeunes et les universitaires en force
Au-delà du nombre de candidatures, le profil des participants constitue l’un des faits marquants de cette échéance. Les jeunes âgés de 40 ans ou moins représentent environ 54 % de l’ensemble des candidats, soit plus de 87 000 personnes.
Une proportion qui témoigne, selon l’intervenant, d’une présence significative de la jeune génération dans la compétition électorale
Selon le convive de la Radio algérienne, «la représentation féminine s’établit, quant à elle, autour de 12 % ».
Autre indicateur mis en avant, le niveau d’instruction des candidats. Près de 48,5 % d’entre eux disposent d’un niveau universitaire.
« C’est un résultat remarquable, qui pourrait constituer une évolution importante par rapport aux précédentes échéances «, a souligné M. Benzadi, estimant que « cette tendance pourrait contribuer à améliorer la qualité de la représentation et de la gestion des collectivités locales. »
L’intervenant a également insisté sur « la couverture territoriale de la compétition».
Les 1 541 communes du pays enregistrent une participation électorale, avec au moins deux listes candidates dans chacune d’elles.
Pour l’ANIE, « cette présence sur l’ensemble du territoire traduit une certaine vitalité de la scène politique et un retour plus marqué des formations partisanes, parallèlement à une baisse du nombre de listes indépendantes. »
Garantir l’équité et permettre l’accès aux médias à toutes les listes
L’autre grand chantier concerne l’accès des candidats aux médias publics. Face à plus de 6 000 listes, l’ANIE a mis en place un mécanisme spécifique de répartition des temps d’antenne.
Le principe retenu consiste, selon lui, « à garantir un minimum d’expression aux petites formations et aux listes indépendantes, tout en tenant compte du poids électoral des partis présentant un nombre plus important de candidatures.»
« Notre objectif est qu’aucune liste ne soit privée de son droit d’accès aux médias. Nous avons commencé par les formations les moins représentées, en leur accordant au moins une unité de diffusion, avant d’appliquer une répartition proportionnelle pour les partis disposant d’un nombre plus important de listes «, a précisé Ali Benzadi.
Les partis ont également été associés à cette démarche.
Y.O




