Double casquette, double risque

La double casquette que porte actuellement Aymen Benabderrahmane , premier ministre et premier argentier du pays constitue -t-elle une bonne idée d’un point de vue stratégique pour la bonne conduite des affaires du pays?

Il est vrai que ce n’est pas la première fois que dans l’exécutif algérien on recourt volontairement à un tel cumul de portefeuilles . Et donc de charges.

Sid Ahmed Ghozali avait,  dans les années 90 , en sa qualité de chef de gouvernement,  pris sous sa responsabilité directe, le portefeuille de l’économie . L’on a également vu d’autres cas de doubles casquettes entre 2002 et 2004. Un ministre des finances , Mohamed Terbeche qui faisait également office de président directeur général de la Banque publique,  la BEA , pendant que son collègue de l’énergie , Chakib Khelil avait  sous sa coupe la Sonatrach et ce en qualité de PDG aussi. Notons bien que toute la fortune  Sonatrach est domicilée à la BEA.

Le schéma testé à l’epoque n’a pourtant guère produit  une quelconque valeur ajoutée pour l’economie du pays . Si ce n’est que cette manoeuvre de cumul de fonctions traduit un  manque de transparence évident dans le traitement des affaires du pays.

Des monopoles sont ainsi crées sur des secteurs sensibles dont  on veut faire des domaines reservés. Ils échapperaient jusqu’au regard des autres membres de l’exécutif.

Aymen Benabderrahmane qui a été ministre des finances avant de se voir promouvoir premier ministre serait-il donc à ce point irremplaçable ? A-t-il fourni les preuves d’une quelconque avancée dans les chantiers qu’il avait pourtant ouverts?

On pense entre autres à cette réforme bancaire ou à la modernisation des instruments juridiques liés à la promotion des exportations dans leur volet de production de devises ?

Quels sont donc les faits d’armes du ministre des finances et qui auraient pu justifier la conservation de ce portefeuille  ainsi que  la concentration de pouvoirs aussi larges d’un point de vue politique tel que le recommande le rôle du chef de l’exécutif et d’un point de vue économique , comme l’exige la mission d’un ministre des finances?

Il y a ici surcharge en termes de responsabilités dans un contexte livré avant tout à des turbulences financières.

Une telle concentration ne peut s’inscrire  comme un acte économique efficient. On aurait pu promouvoir la transparence et la souplesse en soulageant le premier ministre d’un tel poids. À moins qu’il n’ait eu à en être lui même demandeur….

Pour autant , la chute spectaculaire de la valeur du dinar sur une année et les épisodes liés aux problèmes des liquidités résonnent encore pour rappeler à l’ordre ceux qui nous cachent le fond du malaise et de la mauvaise gestion qui perdurent.

On aurait pu faire l’économie de tels cumuls .

Le risque est double. Quand s’absente le premier ministre , celui des finances le suit…forcément.

Et le sens d’une économie ne s’accommode jamais avec les…monopoles.

Karim. A

 

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