Espagne-Algérie: les exportations bondissent de 190 % en 2025
L'économie reprend le dessus sur une relation politique encore fragile.

Par Lynda.N
Les exportations espagnoles vers l’Algérie ont bondi de 141 % en 2024 puis de 190 % en 2025, ramenant les flux bilatéraux à des niveaux antérieurs à la rupture de 2022.
L’économie reprend le dessus sur une relation politique encore fragile.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a reçu samedi à Madrid son homologue algérien Ahmed Attaf dans un contexte de rattrapage spectaculaire des échanges commerciaux. Les chiffres évoqués par le chef de la diplomatie espagnole témoignent d’une reprise fulgurante.
Les échanges entre les deux pays ont augmenté de 143 % sur les onze premiers mois de 2024, les exportations espagnoles vers l’Algérie rebondissant de plus de 80 % sur l’année, après une chute de plus de 50 % en 2023.
La dynamique s’est encore accélérée en 2025. Sur les cinq premiers mois de l’année, ces ventes ont progressé de plus de 160 % pour atteindre près de 900 millions d’euros, un niveau déjà très proche de celui enregistré avant la crise de 2022.
Albares a qualifié cette séquence de “moment extraordinaire” pour le commerce bilatéral, mettant en avant le retour massif des entreprises espagnoles sur le marché algérien, en particulier dans les biens d’équipement, les matériaux de construction, les produits agroalimentaires et les services aux entreprises. Il a également rappelé l’importance du partenariat énergétique, l’Algérie demeurant le premier fournisseur de gaz de l’Espagne via les gazoducs Medgaz et, dans une moindre mesure, via du GNL. Un partenaire “stratégique, fiable et constant”, a-t-il martelé.
Cette embellie intervient après deux années de gel quasi total des échanges, conséquence de la crise diplomatique ouverte en 2022 lorsque Madrid avait soutenu le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.
Alger avait réagi en suspendant le traité d’amitié de 2002, entraînant un effondrement des flux commerciaux et un blocage des opérations bancaires.
Pour l’instant, la normalisation est largement tirée par le commerce et l’énergie.
Les deux capitales ont choisi le pragmatisme, laissant les entreprises et les flux de gaz reconstruire une relation que la crise de 2022 avait brutalement interrompue.
L.M




