A la Une

Le système de certification ASC jette l’éponge au Sahara Occidental occupé : un nouvel échec cinglant pour le Makhzen

Cette décision est un signal adressé à toutes les institutions mondiales : il ne peut y avoir de légitimité économique, sociale ou environnementale sans justice et sans respect du droit international. 

Par Kahina Hammoudi 

Dans un geste de responsabilité politique et éthique rare dans ce secteur, l’Aquaculture Stewardship Council (ASC), instance néerlandaise référente de la certification aquacole, a annoncé sa décision historique de suspendre ses activités au Sahara Occidental occupé.

Cette région — territoire sahraoui spolié, maintenu sous occupation par le Makhzen — voit encore une fois les manœuvres de Rabat mises à nu et déjouées par des acteurs internationaux soucieux des droits humains.
Selon l’Observatoire international Western Sahara Resource Watch (WSRW), c’est Alastair Dingwall, directeur technique de l’ASC, qui a officialisé cette rupture de collaboration avec la société Azura Aquaculture.
 Le certificat ASC d’Azura, valable jusqu’au 3 juillet 2026, ne sera pas renouvelé. Un refus clair et sans ambiguïté.L’argument de l’ASC ? Une stricte application des principes de diligence raisonnable, renforcée par la reconnaissance de la nécessité impérative du respect des droits humains — une procédure impossible à mener avec sérieux en présence d’une occupation militaire illégitime et d’une colonisation qui piétinent les droits fondamentaux du peuple sahraoui.
ASC, en tant que norme de référence mondiale dans son secteur, choisit ainsi de ne plus cautionner cette mascarade que le Makhzen tente de faire passer pour un développement économique légitime.
La certification est suspendue «jusqu’à ce que le processus d’autodétermination soit achevé sur ce territoire».
 Une déclaration solennelle, qui rappelle brutalement la réalité : le Sahara Occidental est un territoire non autonome, en attente de sa liberté.
Erik Hagen, porte-voix de WSRW, salue cette décision comme un éclair de lucidité et de responsabilité morale, «loin des autres systèmes de certification qui ferment les yeux, balayent sous le tapis les violations documentées et se rendent complices du statu quo».
Cette volte-face de l’ASC s’accompagne d’une décision similaire prise en octobre par LSQA, un organisme uruguayen, qui a conclu à l’inéligibilité d’un concurrent d’Azura dans cette zone sahraouie occupée.
Deux signaux clairs et forts : la communauté internationale en matière de certification se réveille enfin face à l’injustice et refuse de légitimer les pratiques véreuses du Makhzen.
Ces prises de position sont d’autant plus significatives à la lumière des multiples décisions de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE).
En 2024, la CJUE a réaffirmé sans équivoque : «Le Makhzen n’exerce aucune souveraineté sur le Sahara Occidental».
Elle a annulé tous les accords commerciaux de l’UE qui intègrent ce territoire, au nom du respect des droits fondamentaux du peuple sahraoui, dont la liberté politique est bafouée.
Le boycott de la certification ASC sur ce territoire occupé marque une nouvelle victoire dans la lutte pour la reconnaissance de la cause sahraouie et un revers cinglant pour les tentatives du Makhzen de normalisation et d’appropriation illégitime.
Cette décision est un signal adressé à toutes les institutions mondiales : il ne peut y avoir de légitimité économique, sociale ou environnementale sans justice et sans respect du droit international.
Le combat du peuple sahraoui est aussi celui des citoyens du monde engagés pour la dignité et les libertés.
K. H.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page