Impact du projet de loi de finances 2026: Attention à l’augmentation de la dette interne

Par Khaled Remouche 

Le projet de loi finances 2026 prévoit un déficit du Trésor de  5100 milliards de dinars . Il est en forte baisse par rapport à l’exercice précédent : – 9200 milliards de dinars.

Mais il reste important.Ce qui pose le problème de financement de ce déficit.

Le recours à l’endettement du Trésor est la solution adoptée pour financer les déficits successifs du Trésor ces dernières années .

À tel point que la dette interne atteint plus de 50 pour cent du PIB et risque d’augmenter davantage si la tendance aux importants déficits persiste.

Comment en est-on arrivé là ?

C’est sûr, les banques ces dernières années ont recouru de plus en plus à l’achat de titres du Trésor . Une bonne partie de leurs liquidités a servi à l’acquisition de bons et obligations du Trésor. Cette tendance a conduit à un effet d’éviction au détriment de l’investissement privé et donc de la croissance économique quand on sait que l’investissement privé est dominant dans les plus de 17.000 projets d’investissement enregistrés par l’AAPI.

Par ailleurs, les montants très importants prévus pour les transferts sociaux 2812 milliards de dinars dont une bonne partie aux subventions et la masse salariale des fonctionnaires 5926 milliards de dinars posent la question de la soutenabilité du budget de l’Etat en cas de retournement du marché pétrolier.

A cela se conjugue la baisse de la fiscalité pétrolière ramenée à 2697 milliards de dinars , d’où un montant réservé aux dépenses d’investissement de 4074 milliards de dinars dans le projet de loi 2026 insuffisant eu égard aux besoins énormes de financement des infrastructures et des grands projets.

L’écart très important entre les dépenses et les recettes fiscales ,une tendance de ces dernières années invite à une meilleure appréhension de l’assiette fiscale et à une meilleure collecte des ressources fiscales.

Il est temps de mettre fin à un régime fiscal dominé par l’impôt sur le revenu global IRG et la taxe sur la valeur ajoutée TVA soit sur l’effort des salariés et sur la consommation.

Ce projet de loi de finances 2026 montre encore une fois que l’Etat ne recourt pas jusqu’ici aux alternatives de financement des investissements publics par le budget tels que le partenariat public-privé, le « project financing » ,le lancement d’emprunts obligataires, la dette externe (de manière prudente, recours par exemple aux crédits de la BAD,de la BID dont les conditions sont plus favorables).

K.R

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page