Tayeb Belaiz, Gaid Salah et les autres : Le Test de vérité en ce 8 Mars

Entre la conscience , le devoir et la légalité !une poignée d’hommes vit actuellement des moments historiques , face à un destin brûlant qui engage le sort d’un peuple et de toute une nation . De par leur position , deux hommes sont face à leurs responsabilités . Face à un peuple et devant le monde entier comme témoin.  Le président du conseil constitutionnel , Tayeb Belaiz et le chef d’État major de l’armée , vice ministre de la défense nationale , le général Gaid Salah . Le premier dispose de quelques jours pour prononcer un « verdict  » quant à la validité de la candidature d’un président impotent , frappé d’un empêchement légal prévu par les textes d’une constitution dont il est lui même le garant .

La fidélité aux  hommes sera t elle plus forte que le sort d’une nation qui proteste pacifiquement ? Belaiz est plus que jamais interpellé par une situation inédite où le peuple réclame sa souveraineté et demande l’application des lois . Celles qui préservent  et la santé du président sortant et la sécurité d’un pays qui se cherche une place dans la légalité . Connu pour être un des plus fidèles compagnons du président Bouteflika , Belaiz saura t il saisir l’appel du devoir historique ? De son côté , Gaid Salah dont les sorties se sont multipliées ces derniers jours a fini par adopter des discours plus conciliants où la « fraternité entre le peuple et son armée  » est mise en valeur dans sa dernière communication . En moins d’une semaine , le général a corrigé l’ardeur de ses messages , passant de la menace à la fraternisation , prônant la paix et l’impératif sécuritaire dont il s’engage en garant constitutionnel . Au lendemain des réactions tranchées de la diplomatie américaine et celle de l’union européenne qui ont clairement souligné la nécessité d’accorder la liberté d’expression et de manifestation aux populations tout en affirmant suivre le déroulement des événements, la légitimité des cris de la rue est devenue mondialement établie et appuyée notamment pour son caractère pacifique largement salué .

Un élément de composition qui a pris toute sa valeur dans la réorientation des discours de l’armée.  Sauf que cette dernière  , à demi mots suggère son choix pour maintenir l’échéance présidentielle à bonne date. La situation se complique davantage à cause des incertitudes qui viennent se greffer au climat général dans lequel les promoteurs d’une candidature refusée par le peuple s’obstinent à aller jusqu’ au bout . Au bout de l’inconnu et de tous les risques . Gravement discrédité et maudit par la rue , le FLN en repli et en proie à des dissidences de circonstance s’essaye encore dans cette voie qui l’oppose à celles des manifestants en rupture totale avec les partis . La même attitude observée par son allié  le RND sous la conduite d’un Ahmed Ouyahia  égaré dans son poste de premier ministre qui regarde de loin la rue échapper à sa  » maîtrise déclarée « .  Le peuple a surpris les calculs .

Ni services de sécurité ni partis n’ont vu l’arrivée de ce sursaut de dignité et de prise conscience collective . Le pouvoir se cherche une porte de sortie honorable pour ses hommes et pour le président Bouteflika dont la nature est imprévisible et qui n’est pas homme à accepter l’humiliation d’un rejet populaire , lui qui avait reussi à  gagner une place honorable durant ses trois premiers mandats . Ses propres hommes , ceux qu’ il a lui même fabriqués ont en réalité été les premiers à le desservir dès lors qu’ ils ont organisé leurs plans autour de sa réélection au 4 eme mandat en 2014.  Aujourd’hui encore , il est trahi par les siens qui le placent candidat à la révolte populaire . Une candidature presque par contumace pour un homme à qui on veut attribuer une volonté de faire de son règne un mandat à perpétuité. N’est ce pas à ce niveau qu’ il devient plus indiqué pour l’armée d’anticiper sur les événements qui risquent de surgir ? L’histoire est engagée dans une marche populaire avançant à pas sûrs et déterminés. Jusqu’ où ira la volonté de ce peuple qui a placé le devoir de paix au premier rang de ses préoccupations .

Sera t il enfin écouté en ce vendredi du 8 mars , promis à une leçon de mobilisation dont on veut faire une fête dédiée au véritable changement ?  Tayeb Belaiz  et Gaid Salah , deux hommes qui disposent actuellement d’une clé constitutionnelle à même d’imprimer un début de solution pour le destin plombé d’une Algérie à jamais plus grande que tous les hommes seront ils au rendez vous du peuple ?

 

KARIM A

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