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Paiement électronique: INATEL entre dans la cour des grands avec l’agrément pour les TPE de classe V

Par Riad El Hadi

L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. L’entreprise publique INATEL, relevant du groupe ELEC El-Djazaïr et basée à Tlemcen, vient d’obtenir l’agrément officiel du Groupement d’intérêt économique monétique (GIE Monétique) pour installer les terminaux de paiement électronique (TPE) de classe V. Une reconnaissance qui consacre le savoir-faire national et renforce la capacité du pays à bâtir un écosystème de paiement moderne, sûr et souverain.

Cet agrément n’est pas une simple formalité administrative. Il ouvre la voie à un déploiement accéléré des TPE sur le territoire national, avec la prise en charge de la livraison, de l’installation, de la mise en service, de la formation des commerçants et de leur accompagnement dans l’utilisation de ces équipements.

Une victoire pour l’industrie nationale

INATEL n’est pas un simple distributeur d’équipements importés. C’est une entreprise publique qui conçoit des produits spécialisés et intègre des solutions technologiques pour les entreprises, les organismes publics et les grandes infrastructures, en s’appuyant sur des compétences nationales. Obtenir l’agrément du GIE Monétique, c’est la preuve que l’Algérie peut produire, déployer et gérer elle-même les outils de sa modernisation financière.

Dans un contexte où la souveraineté technologique devient un enjeu stratégique, cette avancée prend tout son sens. Il ne s’agit pas seulement de faciliter les paiements par carte : il s’agit de réduire la dépendance, de sécuriser les données et de donner à l’économie nationale des infrastructures numériques maîtrisées par des Algériens.

Vers la généralisation du paiement électronique

La direction des opérations d’INATEL mobilisera les moyens humains, logistiques et techniques nécessaires pour accélérer la distribution des TPE et garantir la qualité des prestations. L’objectif affiché est clair : contribuer à la généralisation des moyens de paiement électronique dans les meilleurs délais, tout en assurant fiabilité, efficacité et sécurité des services.

C’est un chantier essentiel pour moderniser le commerce, encourager la traçabilité des transactions, faciliter la vie des citoyens et accompagner les commerçants dans la transition numérique. Car le paiement électronique n’est pas un luxe : c’est un levier de formalisation, de transparence et de développement économique.

Une ambition qui dépasse les frontières

L’entreprise ne se limite d’ailleurs plus au marché national. Après avoir exporté des TPE vers le Nigeria, INATEL a signé, en septembre dernier, un accord avec la Coordination permanente du Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa (CSSPEVK), en République démocratique du Congo. Ce partenariat, mené au sein d’un consortium avec PGS Africa et DABYAN, vise la mise en œuvre d’un programme numérique, industriel et technologique intégré dans le cadre du projet de la nouvelle ville « Kinshasa Kia Mona ».

Un signal fort : l’industrie algérienne ne se contente plus de répondre aux besoins locaux, elle commence à s’imposer comme un acteur régional des solutions numériques. L’agrément obtenu pour les TPE de classe V n’est donc pas une fin, mais un point de départ.

La souveraineté numérique se construit maintenant

La transformation numérique de l’Algérie ne se décrète pas : elle se construit, terminal par terminal, compétence par compétence, projet par projet. Avec cet agrément, INATEL apporte une pierre concrète à l’édifice d’un système de paiement électronique sécurisé, fiable et moderne, porté par l’expertise nationale.

C’est exactement le type d’initiative qu’il faut encourager : une industrie publique qui monte en puissance, qui exporte, qui crée de la valeur et qui prouve que l’Algérie peut être actrice de sa propre modernisation, et non simple consommatrice de technologies étrangères.

R. E. 

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