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APS: une mascarade parlementaire grotesque au Maroc

Demain lundi, le monde s’apprête à assister à la plus grande mascarade de l’histoire politique des États, des gouvernements et des parlements ! Le Royaume du Maroc a un Parlement !? Et celui-ci se réunit !? Et il prend des décisions !? Voilà l’une des mascarades politiques les plus grotesques mises en scène par André Azoulay, au nom d’un royaume dont tout le monde sait que l’ensemble des pouvoirs est entre les mains du seul roi prédateur.

Dans une démarche inattendue, le Maroc reproduit la démocratie algérienne, mais dans une version fictive, destinée à jouer le rôle d’une monarchie démocratique. Il semble que la réunion des deux chambres du Parlement algérien, qui a récemment autorisé l’envoi d’unités militaires au Niger pour protéger les intérêts supérieurs de la nation algérienne, soit devenue une source d’inspiration pour d’autres pays ! Le metteur en scène de cette mascarade, André Azoulay, aurait trouvé dans l’échec d’une nouvelle tentative visant à imposer l’autonomie au Conseil de sécurité une occasion propice pour reproduire la grande scène démocratique vécue par la nation algérienne et la transposer telle quelle au Maroc. Il s’agirait de convoquer deux chambres fictives, dépourvues de tout pouvoir, tant sur le plan constitutionnel que dans la réalité, afin d’examiner les conséquences du dernier vote sur le projet de résolution américain, rejeté par le veto russe, qui visait à consacrer l’autonomie comme base de règlement de la question du Sahara occidental. Le problème ne réside nullement dans l’instance onusienne, mais dans cette mascarade à laquelle le peuple marocain sera convié à assister, dans le but de le détourner de la cuisante défaite diplomatique essuyée par le Maroc aux Nations unies. Il semble que les jeux de manipulation du palais royal aient séduit les dirigeants marocains, qui paraissent également convaincus que ces procédés continuent, à chaque fois, à tromper un peuple meurtri, plongé dans la précarité, la faim et l’oppression. Mais, d’un point de vue réaliste, le Parlement marocain, qui ne disposerait même pas de deux chambres ni de véritables prérogatives législatives, pourrait bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Car cette mascarade, que André Azoulay mettrait en scène à destination du peuple marocain, au nom du roi du Maroc, pourrait constituer, dans la conscience des Marocains, un moment de profonde prise de conscience politique : celle que leurs dirigeants cherchent à masquer la réalité derrière des chimères et des illusions sans fin. Il ne resterait alors aux Marocains qu’à se réveiller et à constater que le monde n’est pas tel que le Makhzen le présente dans ses mises en scène quotidiennes. Mais cette fois-ci, il s’agirait de la mascarade de trop, illustrant ce que l’auteur qualifie de « mensonge d’État » sans précédent dans l’histoire politique des nations, ainsi qu’une falsification destinée à donner l’image d’un royaume démocratique ! Car, tout simplement, il n’existerait aucun article ni aucune disposition légale obligeant le roi du Maroc à consulter le Parlement. Il serait donc impossible d’inventer un mécanisme démocratique qui n’existe pas dans les lois marocaines ni dans ses pratiques politiques, que l’auteur qualifie de méprisables. C’est pourquoi cette mascarade, comme toutes les autres, ne mériterait qu’une chose : être regardée en riant.

APS

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