Sonatrach met sept périmètres sur la table du partenariat Algéro-Allemand: Siemens Energy et Thyssenkrupp explorent le marché de l’hydrogène

Par Nadera Rebiai
L’Algérie a présenté à une délégation de grandes entreprises allemandes des opportunités d’investissement dans le pétrole, le gaz, la pétrochimie, l’hydrogène vert et la fabrication d’équipements, tout en les invitant à participer à l’« Algeria Bid Round 2026 », portant sur sept périmètres d’exploration.
L’offre a été formulée lors des entretiens entre le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, et le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul, accompagné d’une délégation économique incluant Bosch Energy, Thyssenkrupp Uhde, VNG et Siemens Energy.
Cette rencontre s’inscrit dans une visite destinée à traduire le rapprochement politique entre Alger et Berlin en projets concrets.
Gaz, pétrochimie et GNL
Les deux parties ont examiné l’élargissement du partenariat dans la production de pétrole et de gaz, l’ingénierie, la fabrication d’équipements et la commercialisation du gaz naturel et du GNL .
Arkab a souligné la priorité donnée à la pétrochimie, afin d’orienter davantage de ressources vers des produits à plus forte valeur ajoutée ; polymères, engrais, produits chimiques plutôt que vers l’exportation brute.
Rappelons que le premier chargement direct de GNL algérien vers le terminal allemand de Wilhelmshaven, début juillet 2026, a ouvert un canal de livraison entre les deux pays.
Wadephul a qualifié l’Algérie de partenaire énergétique fiable, dans le droit fil de la stratégie allemande de diversification des approvisionnements.
Sept périmètres pétroliers proposés
Arkab a invité les entreprises allemandes à se positionner sur les sept périmètres de l’« Algeria Bid Round 2026 » : Berkine 2 et Mezaïed Nord (Ouargla), Illizi Centre 1 et Bordj Omar Driss Est (Illizi), Hassi R’Mel 3, Touggourt Sud et El Bayadh Est, tout en fixant la date limite de dépôt des offres au 26 novembre 2026, avec signature des contrats attendue au plus tard le 31 janvier 2027….
Hydrogène vert et électrolyseurs
Une part importante des échanges a porté sur les projets d’hydrogène et d’ammoniac verts développés par Sonatrach, les électrolyseurs, composant central de cette filière, ont été identifiés comme un axe de coopération industrielle prioritaire : leur fabrication locale réduirait la dépendance aux importations et créerait des compétences nationales.
Thyssenkrupp Uhde et Siemens Energy comptent parmi les groupes les plus actifs dans ce domaine.
Les discussions ont également porté sur le « corridor Sud de l’hydrogène », censé relier l’Algérie à l’Allemagne via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche, classé parmi les projets européens «Global Gateway».
L’Algérie ambitionne de couvrir jusqu’à 10 % des besoins de l’UE en hydrogène d’ici 2040 — un objectif qui suppose encore des capacités de production renouvelable, des stations d’électrolyse et des contrats d’achat de long terme.
Méthane et transfert de technologie
Les deux parties ont aussi évoqué la réduction des émissions de méthane, un enjeu commercial autant qu’environnemental face au durcissement des règles européennes sur l’énergie importée, Arkab a lié le partenariat au développement du contenu local, au transfert de technologie et à la formation d’ingénieurs et de techniciens algériens.
Un partenariat en expansion
Ces discussions font suite à la visite officielle du président Abdelmadjid Tebboune à Berlin, les 16 et 17 juillet 2026, qui avait fixé un agenda stratégique couvrant l’énergie, les infrastructures, l’industrie et les matières premières critiques, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 3,5 milliards d’euros en 2025, dominés par les hydrocarbures côté algérien et les machines et équipements côté allemand … un déséquilibre que ce partenariat élargi vise justement à corriger.
N.R




