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Ségolène Royal fustige CNews et traite Chawki Benzehra de «voyou»

Par Kahina Hammoudi 

Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidence de la République et présidente de l’association France-Algérie, s’en est vivement prise à CNews après la diffusion, jeudi 21 octobre, d’un numéro de «Face à l’info» largement consacré à Chawki Benzehra. Le blogueur, réfugié politique en France, y a accusé la Grande Mosquée de Paris d’être «contrôlée par le régime algérien».

Dans une publication sur X, Mme Royal a qualifié les invités de la chaîne de «brutes» et et Chawki Benzehra de «voyou», exigeant que le média cesse de lui ouvrir ses plateaux. dénonçant un traitement médiatique nourri par «le racisme et l’hostilité ouverte envers les Arabes». Elle vise moins un simple désaccord d’analyse qu’un mécanisme récurrent : faire de l’Algérie, des Algériens et des institutions musulmanes de France les boucs émissaires permanents du débat télévisé.

Une «contradiction politique0» flagrante

L’ancienne ministre relève aussi une contradiction éclatante. Tandis que CNews entretient un climat de défiance et de rejet à l’égard de l’Algérie, l’exécutif français, Emmanuel Macron en tête, chercherait dans le même temps à obtenir d’Alger des livraisons supplémentaires de pétrole et de gaz, afin de contenir les prix et de pallier les tensions sur les marchés de l’énergie. Elle rapproche cette démarche des partenariats stratégiques conclus par l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne.

Selon les informations rapportées, la France aurait demandé en urgence une hausse des livraisons de brut et de gaz naturel liquéfié algériens. Elle aurait importé environ 138 000 barils par jour de pétrole algérien en avril, soit près de 15 % des exportations pétrolières du pays. La leçon est cruelle : on attise à l’antenne l’hostilité anti-algérienne tout en dépendant, dans les faits, de l’Algérie pour sécuriser son approvisionnement énergétique.


 

Une campagne récurrente contre la Grande Mosquée

Ce n’est pas la première fois que CNews, chaîne détenue par Vincent Bolloré, offre une tribune à Chawki Benzehra pour s’en prendre à l’Algérie et à la Grande Mosquée de Paris. En janvier 2025, il y avait déjà affirmé que l’institution participerait à une prétendue «déstabilisation de la France», dans le sillage de propos similaires de l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driancourt.

Dirigée par son recteur, Me Chems-Eddine Hafiz, la Grande Mosquée de Paris avait alors publié, le 6 janvier 2025, un communiqué cinglant dénonçant une «campagne calomnieuse intolérable» menée par CNews et «quelques personnalités de bas niveau». Elle y réaffirmait son indépendance, son respect du droit français et ses liens historiques avec l’Algérie, tout en se réservant le droit d’engager des poursuites contre ces allégations mensongères.

Une machine à fabriquer l’ennemi

Pour Mme Royal, cette séquence trahit une stratégie médiatique dangereuse : présenter la Grande Mosquée de Paris non comme une institution religieuse française, mais comme un prétendu relais étranger, et les Algériens non comme des partenaires ou des citoyens, mais comme une menace intérieure. C’est, dit-elle, le vocabulaire et la grammaire de l’extrême droite : essentialiser, soupçonner, exclure.

En s’attaquant à CNews, Ségolène Royal ne défend pas seulement l’Algérie : elle met en cause la fabrique télévisée d’un racisme «respectable», où l’Arabe, le musulman et l’Algérien deviennent des cibles commodes pour faire de l’audience. Reste moins à savoir ce qui a été dit à l’antenne qu’à comprendre pourquoi une chaîne nationale choisit, avec une telle constance, d’amplifier des accusations sans fondement.

K. H. 

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