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Rencontre nationale avec les opérateurs économiques : le Président Tebboune défend un bilan «de réalités et non d’illusions»

Par Kahina Hammoudi 

Au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé aujourd’hui mercredi après-midi les travaux de la rencontre nationale avec les opérateurs économiques. Devant les membres du Gouvernement, les responsables d’entreprises publiques et privées et les représentants d’organismes publics, il a défendu le bilan économique des dernières années et appelé à poursuivre la construction d’une économie compétitive.

Une volonté politique «ferme et résolue»

Dès l’ouverture de son allocution, le chef de l’État a replacé la rencontre dans une logique d’engagement politique. «Notre présence parmi vous aujourd’hui à ce forum traduit la volonté politique ferme et résolue de dynamiser l’économie et l’investissement», a-t-il déclaré, y voyant aussi la preuve du soutien de l’État aux opérateurs économiques dans l’ensemble des wilayas.

Il a ensuite remercié le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), organisateur de ce forum périodique, devenu selon lui une «tradition louable». Cette rencontre, a-t-il expliqué, offre aux opérateurs l’occasion d’échanger avec les membres du Gouvernement afin d’accompagner l’activité économique et l’investissement, dans l’objectif de bâtir une économie moderne, capable de résister aux fluctuations de l’économie mondiale.

Le dialogue public-privé comme moteur

Dans le prolongement de ce propos, le président de la République a insisté sur l’importance du dialogue entre hommes d’affaires et opérateurs économiques, publics comme privés. Il les a appelés à contribuer, chacun dans son domaine d’activité, à «l’édification d’une économie moderne et compétitive». Il a souligné la nécessité de conjuguer les efforts pour y parvenir.

Un soutien aux intègres, une mise en garde aux «parasites»

Mais ce soutien a une contrepartie. Tebboune a ainsi affirmé que la rencontre témoignait du soutien de l’État aux opérateurs nationaux intègres, avant de lancer un avertissement : il faut, a-t-il dit, «se mobiliser pour lutter contre les parasites et leur faire face». Il visait notamment ceux qui tentent de «puiser dans les réserves de devises sans apporter la moindre contrepartie au pays».

Ce message a trouvé un écho dans l’intervention du président du CREA, Kamel Moula. Celui-ci a plaidé pour la lutte contre certaines pratiques inacceptables, nuisibles à l’image de la majorité honnête, afin de protéger une concurrence loyale et de rassurer les opérateurs.

Des réalisations présentées comme tangibles

S’agissant du bilan, le Chef de l’État a évoqué les réalisations économiques accomplies ces dernières années. «Ces résultats positifs sont des réalités et non des illusions», a-t-il affirmé. Pour illustrer son propos, il a cité un projet emblématique : «Personne n’aurait imaginé que Tindouf puisse être reliée à Oran par voie ferrée».

Diversification : le PIB hors hydrocarbures en ligne de mire

Par ailleurs, le Président a abordé la question de la dépendance aux hydrocarbures. Les indicateurs enregistrés en matière de PIB hors hydrocarbures, a-t-il estimé, «reflètent les efforts déployés pour diversifier l’économie et la rendre moins dépendante des hydrocarbures». Une orientation censée, selon les observateurs, renforcer la capacité du pays à affronter la volatilité des marchés internationaux.

Investissement : les effets de la révision du cadre juridique

Au sujet de l’investissement, Tebboune a salué les avancées importantes réalisées à la faveur de la révision du cadre juridique, dans la perspective d’améliorer le climat des affaires et de faciliter la réalisation des projets productifs.

Dans ce registre, le Journal officiel n° 72, paru le même jour, publie le décret présidentiel n° 26-326 relatif aux missions, à l’organisation et au fonctionnement du Guichet unique national de l’investissement, placé sous la tutelle du Premier ministre. Cette structure est chargée d’accompagner les investisseurs et de prendre en charge les procédures liées à leurs projets, de l’enregistrement à la réalisation puis à l’exploitation. Elle traite également les dossiers du foncier économique et suit l’avancement des projets, avec pour objectif d’unifier les procédures et d’améliorer le service rendu aux opérateurs.

Un rendez-vous à l’approche de 2027

Enfin, quelques mots sur le cadre de la rencontre. Deuxième édition après celle de l’an dernier, elle réunissait notamment le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et le président du CREA. Elle visait à tracer la feuille de route économique des prochaines années et à fixer les priorités pour la diversification hors hydrocarbures. Elle devait aussi permettre d’évaluer la capacité des entreprises, singulièrement du secteur privé, à transformer les facilités offertes en valeur ajoutée réelle : hausse de la production locale, emplois durables, réduction de la facture d’importation et promotion des exportations hors hydrocarbures.

Les travaux se sont ouverts par la projection d’un film documentaire, réalisé par le CREA, sur l’activité économique nationale entre 2021 et 2026.

Le rendez-vous intervient à quelques mois de 2027, année que le chef de l’État a déjà présentée comme charnière, et dans un contexte international marqué par des bouleversements géopolitiques. Il s’inscrit dans l’objectif, annoncé précédemment par le Président, de porter le PIB à 400 milliards de dollars d’ici fin 2026 ou début 2027.

Des projections de croissance à 4 %

Pour sa part, Kamel Moula a avancé des chiffres : le PIB réel devrait connaître une croissance de 3,8 %, tandis que les projections propres au CREA tablent sur 4 %. Il a attribué cette performance aux efforts conjoints de l’État et à la réactivité des entreprises. Il a aussi rappelé les leçons de la pandémie de Covid-19, estimant qu’un pays dépendant d’autrui pour l’alimentation, la santé ou l’énergie est vulnérable, et faisant de la souveraineté alimentaire le premier pilier de la réponse économique. Il a conclu en évoquant une croissance forte, un endettement extérieur nul et un tissu entrepreneurial de plus en plus dynamique.

K. H. 

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