Relations internationales: Le droit à géométrie variable

Le vendredi 9 décembre, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a échoué une nouvelle fois à faire passer une résolution qui doit imposer un nouveau cessez-le-feu à Gaza pour permettre l’entrée d’aides aux populations palestiniennes.

Les Etats-Unis ayant opposé leur véto, la résolution, pourtant rédigée à minima, n’a pas pu être adoptée. Une nouvelle forfaiture vient de se produire la veille de la commémoration du 75 ème anniversaire de la proclamation de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Cette position américaine, ce véto qu’on brandit pour bloquer toute décision du Conseil de Sécurité, est une honte pour l’Humanité, un crime de guerre et plus grave encore, un coup de poignard dans le dos du Droit international.

C’est un déni de l’Humanité et un mépris de la vie humaine, une arme destructrice contre les peuples fragiles. Un glaive dans la tranche d’un peuple sans défense.

Pourtant, lorsque les nations ont décidé, le 10 décembre 1948 à Paris d’adopter la déclaration universelle des Droits de l’Homme, elles avaient en tête l’idée des massacres que l’humanité venait de subir: les camps de concentration nazis et les essais nucléaires de Nagasaki et Hiroshima.

La seconde guerre mondiale venait de se terminer avec un effroyable bilan de plus de 50 millions de morts, dont plus de la moitié en Union Soviétique, et il fallait doter le monde de règles, de balises qui lui éviteraient de nouveaux massacres, de nouveaux deuils.

L’idée de donner aux « grandes puissances » le droit de véto qui serait le frein si une des nations serait tentée par le pire, venait justement de cette idée d’éviter un nouveau carnage.

Mais l’Homme est resté Homme. Il a beau inventer les technologies les plus improbables, il est resté prisonnier de ses pulsions premières. Il aime dominer et il méprise ceux qui ne sont pas comme lui, ceux qui ne pensent pas comme lui ; surtout s’ils ne sont pas de sa race. C’est ce que fait l’Occident en soutenant aveuglément Israël.

Les dirigeants occidentaux se lamentent, montent sur leurs chevaux pour dénoncer « une violation des droits de l’Homme » lorsque cela les touche ou qu’ils en subissent les conséquences.

Ils se rappellent le droit international lorsque cela doit s’appliquer aux autres. Georges Bush n’at-il pas décidé d’envahir l’Irak alors que le Conseil de Sécurité lui a refusé le mandat de le faire ?

Les pays de l’Union Européenne et les Etats-Unis n’ont-ils pas rapidement attaqué Vladimir Poutine devant les juridictions internationales en quelques jours alors que les crimes qu’on lui reproche sont des milliers de fois moindres que ceux que commet Israël en Palestine ? Tout cela se sait.

Le monde observe et note. Il se souviendra. Et ce ressentiment que ces injustices font naître chez les peuples du Sud global (dont beaucoup souffrent déjà de la dictature de leurs gouvernants) reviendront, un jour, tel un boomerang contre les promoteurs d’un monde injuste.

Akli O.

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