Refus de visas US : l’ONU frappe un grand coup pour la Palestine, l’Assemblée générale menace de quitter New York

Par Kahina Hammoudi
Les États-Unis ont une fois de plus montré leur vrai visage : celui d’un acteur déterminé à museler la voix palestinienne.
En refusant les visas aux dirigeants palestiniens, dont Mahmoud Abbas, pour participer à la 80e Assemblée générale de l’ONU, Washington a franchi une ligne rouge dans la négation du droit à la parole d’un peuple opprimé.
Mais la communauté internationale n’a pas laissé passer cet outrage. Plus de 140 États, dans un élan de solidarité historique, ont voté pour que l’Assemblée générale se tienne désormais à Genève, loin du carcan américain qui tente d’imposer sa censure politique à travers la Convention de 1947.
Ce choix n’est pas anodin. Il est la réaffirmation ferme et claire que l’ONU n’a pas vocation à être la scène contrôlée par la puissance hégémonique, mais un espace de justice, d’égalité et de reconnaissance des droits souverains. Comme en 1988, lorsque Ronald Reagan avait empêché Yasser Arafat de se rendre à New York, l’ONU montre aujourd’hui qu’elle peut et doit tourner la page de l’instrumentalisation du siège américain pour protéger les droits fondamentaux des peuples.
Cependant, ce combat est encore en suspens. Officiellement, la session s’ouvrira à New York, dans une contradiction qui traduit le poids des intérêts logistiques et politiques, mais ne doit pas masquer la détermination de la communauté internationale à dénoncer la tentative de censure américaine.
C’est une bataille symbolique — mais essentielle — qui dénonce la mainmise d’un pays hôte qui pense pouvoir dicter à qui la parole est accordée.
La cause palestinienne est au cœur de cette lutte pour la justice, mais elle éclaire aussi d’autres combats similaires.
Le Sahara occidental, occupé illégalement avec le soutien tacite de puissances occidentales comme la France, l’Espagne et bien sûr les États-Unis, est un miroir de cette résistance. Rabat et Tel-Aviv, bénéficiaires d’un même système de protection politique, tentent de faire taire les aspirations légitimes à la liberté et à l’autodétermination.
Le droit international est clair, immuable : les peuples opprimés ont la souveraineté sur leur destin. Refuser ce droit, c’est trahir les principes mêmes de la Charte des Nations unies. Le transfert symbolique de l’Assemblée à Genève est une ligne tracée, un rappel brutal que les grandes puissances ne sont pas au-dessus des lois, et que la solidarité des États peut faire plier les plus arrogantes des dominations.
À l’approche du cinquantième anniversaire de l’invasion marocaine du Sahara occidental, l’ONU sera mise à l’épreuve : saura-t-elle enfin imposer le référendum d’autodétermination promis en 1991, ou restera-t-elle complice silencieuse d’une occupation illégale ? La réponse portera un message clair sur la crédibilité de l’organisation face aux injustices du monde.
Cette période doit être un tournant. Il est temps que la communauté internationale s’arme de courage politique, pour que la justice ne soit plus un mot vidé de son sens, mais une réalité tangible. La Palestine et le Sahara occidental, deux combats intiment liés, demandent que leurs voix cessent d’être réduites au silence. L’ONU doit enfin incarner ce pour quoi elle a été créée : un rempart contre l’oppression et une tribune pour la liberté.
K. H.




