Paraguay: l’ex-président Santiago Peña inculpé et placé en détention provisoire après l’effondrement de la banque Ueno

Par Kahina Hammoudi
Le parquet du Paraguay a inculpé l’ancien président Santiago Peña pour abus de confiance et gestion à des fins d’intérêts personnels, dans le sillage de l’effondrement de la banque Ueno, qui a précipité sa chute. Les autorités ont décidé de le placer en détention provisoire et de geler ses actifs.
La procureure générale, Nancy Salomón, a annoncé les poursuites lors d’une conférence de presse. Elles visent également l’ancien gouverneur de la Banque centrale, Carlos Carvalho, accusé des mêmes faits. Le parquet a requis leur arrestation et le gel de leurs biens.
À l’issue d’une audience, le juge Hernán Otazú a ordonné le placement de l’ex-président en détention provisoire, dans l’établissement d’Asunción où il avait été transféré après sa destitution.
Une destitution votée à l’unanimité
Le Sénat avait voté à l’unanimité la condamnation de M. Peña à la suite de l’effondrement de la banque Ueno, mettant fin à un mandat qui devait courir jusqu’en 2028.
Une crise partie de la mise sous tutelle de la banque
La crise a débuté mardi dernier, lorsque la Banque centrale a placé sous tutelle la banque numérique Ueno en raison de sa crise financière. Les dépôts d’environ trois millions de personnes, soit près de la moitié de la population, ont été gelés, de même que les fonds d’entreprises, d’institutions et de caisses de retraite.
M. Peña, qui entretient des liens avec le groupe contrôlant la banque, avait proposé sa démission sous la pression de la crise. Les parlementaires ont toutefois poursuivi la procédure de destitution afin de le priver de l’immunité politique, dans un contexte de désengagement des membres de son parti conservateur, malgré son alliance avec le président américain Donald Trump.
Transition et colère des déposants
Son vice-président, Pedro Alliana, lui a succédé et s’est engagé à protéger les droits des déposants et à œuvrer à la restitution de leur argent. Des milliers de personnes lésées sont descendues dans la rue pour réclamer leurs dépôts.
L’effondrement de la banque a déclenché une vaste crise politique et bancaire. Le président de la Banque centrale a démissionné et huit dirigeants de la banque ont été arrêtés, alors que l’on s’inquiète des répercussions sur l’image du Paraguay comme destination des investissements étrangers.
K. H.




