Mustapha Benaoui : «L’importation de moutons, opération indispensable pour l’Aïd al-Adha»

Par Kahina Hammoudi
À l’approche de l’Aïd al-Adha, Mustapha Benaoui, expert agricole et ancien cadre au ministère de l’Agriculture, a défendu l’importation de moutons comme une mesure «indispensable» lors de l’émission «L’invité du jour» sur la Chaîne 3 de Radio Algérienne.
Prix Plafonné à 50 000 DA
Le Président de la République a fixé un prix maximal pde 50 000 dinars pour les moutons importés, une décision prise lors du dernier Conseil des ministres pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens face à des prix locaux flirtant avec 150 000 à 200 000 DA.
Cette mesure sociale garantit l’accès au sacrifice rituel pour les classes moyennes tout en freinant les spéculations sur les marchés à bestiaux. Benaoui y voit une réponse adaptée à la conjoncture actuelle.
Cheptel Ovin en Crise
L’Algérie compte environ 18 millions de têtes ovines, dont les deux tiers de brebis impropres à l’abattage, loin des 25 à 30 millions des années 1980.
Sécheresses prolongées et désertification des steppes ont laminé les capacités d’élevage, rendant l’importation essentielle pour reconstituer le troupeau national
Avec une demande pouvant atteindre six millions de têtes d’ici fin été (Ramadan, Aïd, pèlerinage, été), sacrifier les mâles locaux menacerait la reproduction.
Contrôles et Implication des Éleveurs
Pour juguler fraude, contrebande et spéculation, Benaoui plaide pour une planification renforcée et des contrôles accrus. Il préconise d’associer les éleveurs steppiques, experts en transport, alimentation et gestion du cheptel, à la réception et à la commercialisation. «L’administration ne peut gérer seule un marché aux règles propres», insiste-t-il.
Défi Logistique du Fourrage
L’arrivée d’un million de moutons exige 500 à 600 g d’orge par jour et par tête, soit environ 100 000 tonnes au total. Benaoui appelle à anticiper ces approvisionnements pour assurer la stabilité du secteur et le succès de l’opération. Cette stratégie transitoire préserve le cheptel tout en répondant aux besoins festifs.
K. H.




