Mourad Preure, expert en pétrole :«L’Algérie doit diversifier ses ressources énergétiques»

Surconsommation domestique du gaz

Loin d’être communiqué officiellement et ce pour des raisons évidentes, la production gazière de l’Algérie est vraisemblablement en net recul.

En chiffres, « les exportations au cours de la période 2025-2030 seront comprises entre 26 et 30 milliards de mètres cubes par an ».
Ce qui représente une chute de 41% à 49% comparé aux 51,4 milliards de mètres cubes exportés en 2018 et 53% à 59% par rapport aux 64 milliards de mètres cubes vendus sur le marché international en 2005.

La Sonnette d’alarme est-elle tirée ?

Expert international en pétrole, Mourad Preure est formel.
« La quantité de gaz qui devrait être réinjectée dans les gisements, notamment à Hassi Mesaoud et Hassi R’mel pour augmenter la pression, a été réduite et dirigée vers l’exportation », a-t-il explicité ce mardi matin, lors de son intervention sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale.
«C’est inacceptable. Non seulement on n’a pas investi, mais également on a malmené nos gisements », dit-il en précisant que le pétrole est une industrie à long terme et que nos installations ont souffert. «Nous subissons actuellement les conséquences de ce que nous n’avons pas fait, il y a 15 ans. C’est un effet mécanique», ajoute t-il.

Selon lui, voir aujourd’hui certains gisements déclinés est tout à fait normal. Cependant, dit-il, cela ne veut pas dire que ce déclin est irréversible. Sonatrach est entrain de faire des études pour mieux comprendre la situation et l’état actuel du gisement de Hassi Messaoud et apporter les remèdes. « Il y a, donc, un effort et une action pour soigner ce gisement qui a beaucoup souffert », a-t-il soutenu.

Evoquant d’autre part la consommation énergétique en Algérie, Mourad Preure relève qu’elle a explosé carrément ces dernières années et menace sérieusement les exportations. «On consomme 46 milliards de mètres cubes de gaz annuellement, soit une augmentation de 53 % depuis 2009, c’est excessif », détaille-t-il.

« L’Algérie doit diversifier ses ressources énergétiques. Il faut que Sonatrach s’oriente pour être le grand leader dans la transition énergétique, parce que la véritable force de l’Algérie, précise l’invité, c’est son ensoleillement, qui est exceptionnel 3500 heures par an sur 86 % du territoire national », a-t-il recommandé notant que l’Algérie a les moyens de s’imposer, dans les 20 prochaines années, comme un leader de la transition énergétique.

Y.O

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