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Législatives du 2 juillet : entre réforme institutionnelle et promesses de représentativité

Par Kahina Hammoudi 

La campagne pour les législatives du 2 juillet a officiellement démarré mardi, ouvrant 23 jours de bataille politique durant lesquels partis et candidats indépendants tenteront de séduire des électeurs sollicités pour renouveler l’Assemblée populaire nationale (APN). Ce scrutin prend une couleur particulière cette année : il intervient après une révision constitutionnelle et une refonte de la loi électorale, et s’inscrit dans un paysage administratif recomposé avec l’intégration de onze nouvelles wilayas.

Invitée de l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3, la professeure et spécialiste en droit public Myassa Bellatreche a tenu d’emblée à cadrer le débat. « Ces élections concernent exclusivement le renouvellement des membres de l’APN », a-t-elle rappelé, précisant que le scrutin du 2 juillet porte uniquement sur les députés et non sur les sénateurs. Sa mise au point est utile : elle replace la consultation dans son périmètre institutionnel, loin des confusions qui émaillent souvent la communication publique.

La constitution du calendrier électoral, a expliqué la juriste, obéit à des étapes strictes. La convocation du corps électoral intervient par décret présidentiel 90 jours avant le scrutin, suivie de la révision des listes, du dépôt et de l’examen des candidatures, puis du lancement de la campagne, qui s’achèvera trois jours avant le vote conformément à la législation. Rappel utile au moment où les agendas politiques se télescopent et où l’opinion publique scrute la transparence des procédures.

Pour Bellatreche, l’enjeu dépasse la simple formalité organisationnelle : il s’agit de la traduction concrète du principe de souveraineté populaire. « Les membres de l’APN représentent le peuple, débattent des projets de loi, approuvent le budget et contrôlent l’action du gouvernement », a-t-elle souligné. Autant de prérogatives qui confèrent au Parlement un rôle central — et qui placent la qualité de la représentation au cœur des préoccupations citoyennes.

La réforme constitutionnelle de 2026 reconfigure aussi les pouvoirs des acteurs clés du processus électoral, en particulier de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). L’institution voit ses missions élargies : elle n’est plus seulement chargée de préparer et d’organiser les opérations électorales, mais aussi de contrôler ces opérations et de proclamer les résultats définitifs. Bellatreche insiste : les administrations concernées sont désormais tenues de fournir à l’ANIE les moyens matériels et logistiques nécessaires à l’accomplissement de ses missions — une condition matérielle de la crédibilité du scrutin.

Les changements législatifs touchent aussi les conditions de candidature. Outre l’obligation d’être inscrit sur les listes électorales, d’être de nationalité algérienne et d’avoir au moins 25 ans, la réforme a durci plusieurs exigences relatives à la composition des listes. Principale nouveauté : une volonté affichée de féminiser et de rajeunir le corps parlementaire. Les listes doivent comprendre au moins un tiers de femmes, au moins la moitié de candidats âgés de moins de 40 ans, et un tiers de titulaires d’un diplôme universitaire. Le nombre de candidats par liste a également été revu pour améliorer la représentativité.

Sur le plan du mode de scrutin, Bellatreche a rappelé que l’élection repose sur un système proportionnel à liste ouverte avec vote préférentiel. Le classement des candidats, a-t-elle précisé, est établi par les partis ou les listes indépendantes ; il ne relève pas d’un classement imposé par l’ANIE. Cette modalité vise à concilier représentation des forces politiques et expression des préférences individuelles des électeurs — un équilibre fragile dont l’application sur le terrain déterminera en partie la perception de la légitimité des élus.

L’un des éléments les plus visibles de ces législatives est l’intégration des onze wilayas nouvellement créées : Timimoun, Bordj Badji Mokhtar, Ouled Djellal, Béni Abbès, In Salah, In Guezzam, Touggourt, Djanet, El Meghaier, El Meniaâ et la wilaya déléguée récemment promue. Leur présence dans la cartographie électorale doit permettre à des populations jusque-là périphériques de disposer d’une représentation adaptée à leur nouveau statut administratif et de porter au Parlement des préoccupations locales souvent méconnues.

En filigrane de cette échéance, se dessine une attente claire : que ces réformes — institutionnelles, administratives et électorales — traduisent une réelle amélioration de la représentation et de la proximité entre les institutions et les citoyens. Le 2 juillet, les électeurs sont appelés à désigner des députés qui porteront leurs aspirations pour cinq ans. Reste à voir si les règles nouvelles et la recomposition territoriale suffiront à répondre aux exigences de transparence, d’équilibre et d’inclusion auxquelles la société algérienne est aujourd’hui attentive.

K. H. 

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