La signature de cet accord intervient dans le cadre de la visite officielle qu’effectuent Cheikh Al Hoceini et M. Baddari au Royaume-Uni.
A cette occasion, le recteur de Djamaâ El-Djazaïr a indiqué que « le lancement de cette Chaire s’inscrit dans la continuité de la longue histoire d’interaction entre l’Algérie et le Royaume-Uni, jalonnée au fil des siècles de multiples étapes politiques, scientifiques et culturelles, et qui, aujourd’hui, se renouvelle à travers des partenariats fondés sur le savoir, faisant de l’université et de la recherche scientifique un véritable pont de rapprochement entre les nations ».
Pour l’Algérie, la Chaire Emir Abdelkader constitue « un investissement dans l’avenir et dans la connaissance, ainsi qu’une vitrine du rayonnement civilisationnel de la nation algérienne », a-t-il souligné, ajoutant que « l’Algérie, soucieuse de renforcer sa présence culturelle et scientifique sur la scène internationale, voit dans de telles initiatives une concrétisation effective du partenariat fondé sur le savoir, le dialogue et la coopération entre les peuples ».
Il a, par là même, rappelé que dans la mémoire collective algérienne, l’Emir Abdelkader n’est pas qu’une simple figure historique, mais l’un des grands fondateurs de la pensée algérienne moderne et un des symboles autour desquels se sont structurées les notions d’Etat, de légitimité, d’unité et d’appartenance nationale, ajoutant qu’il était « confronté à une conjoncture historique particulièrement complexe, où il devait préserver l’identité d’une société menacée dans son existence tout en édifiant un système politique et administratif viable ».
En effet, « l’Emir Abdelkader ne s’est pas limité à mener la lutte et la résistance, il s’est également attelé à la construction des institutions de gouvernance, en structurant l’administration, les finances, la justice et les relations extérieures, tout en défendant une conception de l’Etat fondée sur l’idée d’une communauté nationale unifiée », a expliqué le recteur de Djamaâ El-Djazaïr, soulignant que « sa présence dans la mémoire collective algérienne demeure fondatrice, incarnant à la fois ce sens de l’Etat et les valeurs de lutte et de libération ».
C’est pourquoi, a-t-il dit, l’étude de l’Emir Abdelkader aujourd’hui ne saurait se limiter à la seule évocation d’un souvenir historique, mais doit « s’inscrire dans une réflexion sur un modèle intellectuel pouvant éclairer plusieurs questions contemporaines à l’échelle mondiale, comme la coexistence entre les religions et les cultures, l’éthique du pouvoir, le rapport entre identité et ouverture et la consolidation de la paix dans un monde de plus en plus fragmenté ».