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Lancement des travaux de l’usine de transformation chimique du phosphate d’Oued El-Kebrit : un jalon stratégique pour l’industrie algérienne des engrais

Par Kahina Hammoudi 

La wilaya de Souk Ahras a accueilli ce jeudi un événement industriel de premier plan : la pose de la première pierre de l’usine de transformation chimique du phosphate d’Oued El-Kebrit, un projet structurant appelé à repositionner l’Algérie sur la carte mondiale de la production d’engrais. Présidée par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, la cérémonie a réuni un aréopage de responsables — le ministre des Mines et des Industries minières Mourad Hanifi, le ministre des Travaux publics Abdelkader Djelaoui, le wali de Souk Ahras Abdelkrim Zinaï, ainsi que le PDG de Sonatrach Nour Eddine Daoudi — signe de l’importance transversale accordée à ce chantier par l’État algérien.

Un complexe industriel intégré, de la mine au produit fini

Ce qui distingue ce projet, c’est sa cohérence industrielle d’ensemble. Le complexe d’Oued El-Kebrit ne se contente pas de transformer une matière première : il constitue le maillon aval indispensable qui donnera tout son sens à l’exploitation minière du pôle de Bled El Hedba. Le phosphate enrichi extrait sur ce gisement y sera converti en produits à forte valeur ajoutée — engrais phosphatés (DAP, MAP, NPK), engrais azotés à base d’urée, et produits chimiques intermédiaires tels que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac. Cette intégration verticale, de la mine à l’usine, traduit une approche industrielle mûrie, qui vise à capter localement l’essentiel de la valeur ajoutée plutôt que d’exporter une matière première brute à faible rendement économique.

Une capacité de production à la hauteur des ambitions nationales

Les chiffres annoncés donnent la mesure du projet : dès sa première phase, l’usine devrait produire environ 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés par an, complétées par 570 000 tonnes d’engrais azotés, sans compter la production de produits chimiques intermédiaires nécessaires au processus lui-même. De tels volumes placent d’emblée le complexe parmi les outils industriels les plus importants du secteur en Algérie, avec un double objectif clairement affiché : répondre aux besoins croissants de l’agriculture nationale en engrais, réduisant d’autant la dépendance aux importations, tout en ouvrant la voie à un potentiel exportateur vers les marchés régionaux et internationaux, où la demande en engrais phosphatés et azotés demeure structurellement forte.

Valorisation des ressources et ancrage territorial

Au-delà de sa dimension industrielle, le projet porte une portée économique et sociale évidente pour la région de Souk Ahras et, plus largement, pour la stratégie algérienne de diversification hors hydrocarbures. En transformant localement une ressource minière stratégique, l’Algérie affirme sa volonté de sortir d’une logique d’exportation de matières premières pour s’inscrire dans une chaîne de valeur industrielle complète — créatrice d’emplois qualifiés, de savoir-faire technique et de recettes d’exportation diversifiées. C’est précisément cette philosophie que Mohamed Arkab a mise en avant en insistant sur la nécessité d’une coordination étroite entre les différents secteurs et entreprises impliqués, ainsi que sur un suivi rigoureux de l’avancement des travaux, condition sine qua non pour tenir les délais annoncés et accélérer la cadence de réalisation.

Un signal fort pour l’industrie chimique et minière algérienne

Ce lancement s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des ressources minières du pays, portée conjointement par les ministères des Hydrocarbures, des Mines et des Travaux publics, et soutenue par l’expertise industrielle de Sonatrach. La présence simultanée de ces trois départements ministériels autour d’un même projet illustre une approche intégrée et volontariste, où l’État entend transformer un atout géologique — les réserves phosphatées de la région — en véritable filière industrielle nationale, capable de conjuguer souveraineté alimentaire, à travers l’autosuffisance en engrais, et ambition exportatrice.

Avec ce chantier, l’Algérie confirme sa trajectoire d’industrialisation de ses ressources naturelles, un choix stratégique dont les retombées, une fois l’usine entrée en production, devraient se mesurer tant sur le plan économique que sur celui du développement régional de la wilaya de Souk Ahras.

K. H. 

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