Laboratoires Frater Razes : Quand la douleur passe de symptôme à maladie

Par Nabila Saidoun

La douleur. Un thème crucial mais encore méconnu du grand public en Algérie. Sa prise en charge, qui va bien au delà du simple symptôme, peut être considerée comme une véritable composante de la maladie surtout lorsqu’elle devient chronique

Hier soir, les Laboratoires Frater Razes ont réunit des journalistes pour une session de formation inhérente à la thématique de « la douleur » animée par le professeur Mokretar Karroubi, Anesthésiste réanimateur de son état à l’hôpital de Béni Messous.

La douleur, un sujet fort intéressant à connaitre dans le sens où on peut la considérer réellement comme une maladie.

Mais qu’en savons-nous réellement en Algérie du coté du grand public ? Pas grand-chose et pourtant des centres de prise en charge existent bel et bien. Ils sont en nombre réduit (moins de 10) et sont appelés à être améliorés.

Le traitement de la douleur en Algérie est-elle une spécialité à proprement dite dans nos universités de médecine ? Non pas encore bien qu’elle soit enseignée depuis peu à la faculté d’Alger en tant que cursus sanctionné par une formation qualifiante.

Patiemment, le professeur Karroubi s’est prêté à toutes nos questions après un exposé détaillé sur «la douleur » et « sa prise en charge » qui de l’avis de spécialiste tend à être valorisée davantage.

«Il faut savoir que dans certains pays, le traitement de la douleur est devenu un droit depuis 2014» dira le professeur Mokretar Karroubi en guise de préambule tout en procédant à la définition de la douleur «c’est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable. Elle a une dimension physique et mentale car la douleur peut-être perçue de différentes manières».

D’où d’ailleurs la difficulté de définir la douleur de manière précise car, de l’avis, de l’orateur, elle est «personnelle».

Il poursuit : «sa nature subjective rend le diagnostic délicat : à stimuli égaux, le ressenti varie d’un individu à un autre ce qui explique pourquoi certains patients répondent différemment aux analgésiques ou développent davantage d’effets indésirables».

Le professeur insiste sur la parfaire connaissance de quatre aspects fondamentaux pour savoir réellement prendre en charge la douleur : La douleur s’exprime par une sensation physique qui fixe l’endroit précis du mal, son intensité et son évolution. Il y’a une émotion (comment l’individu ressent la douleur moralement). Il y’a aussi une expression de comportement (grimacer, changer de position, se plaindre etc.) et puis survient la réaction mentale (comment gérer la douleur).

La douleur peut-être nociceptive (la plus fréquente) ou neuropathique. Il est question aussi de douleur aigue ou chronique. La douleur aigue si elle n’est pas traitée elle devient chronique. S’il elle persiste cela altère la qualité de la vie et mène parfois à la dépression d’où l’intérêt d’une prise en charge.

L’évaluation systématique reste le pilier du traitement pour les enfants ou les patients en cancérologie, des outils spécifiques comme les questionnaires DEGR ou HEDEN permettent d’établir «un score de douleur». Le professeur a abordé, par ailleurs, la prise en charge de la douleur postopératoire et de la pertinence de mettre en place un système de façon à informer le patient «c’est son droit » a-t-il estimé plaidant pour la valorisation de la prise en charge de la douleur avec des perspectives : généralisation, protocoles, collaboration, institutionnalisation mais aussi et surtout veiller à l’application du protocole.

Les laboratoires Frater Razes qui ont organisé cette soirée formation, précédée par un Iftar convivial, ont fait plus qu’informer. Ils ont ouvert une brèche.

C’est aux medias de s’en emparer pour vulgariser, informer et sensibiliser pour que les patients en prennent conscience et les décideurs agissent pour de meilleures avancées dans le domaine. La douleur quand elle devient chronique ne guérit pas toute seule …

N.S

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