La ministre Nacima Arhab : « 285 000 stagiaires lancent la formation pro 2026 »

Par Kahina Hammoudi
La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, trace les contours ambitieux de la rentrée 2026 du secteur, un rendez-vous stratégique pour l’Algérie qui s’élance vers l’adaptation de ses compétences aux défis économiques majeurs.
Dans l’émission «L’Invité du jour» de Chaîne 3 à la Radio algérienne, ce mercredi 18 février, elle dévoile un bilan impressionnant : plus de 285 000 nouveaux stagiaires et apprentis ont investi les centres de formation à travers le pays, tous modes confondus, marquant une rentrée «active et dynamique» lancée dimanche dernier à Tindouf.
Nouvelles spécialités alignées sur les méga-projets
Le coup d’envoi officiel résonne à Tindouf, wilaya-pivot des ambitions minières nationales. Nacima Arhab annonce le lancement de plus de 30 nouvelles spécialités, dont sept qualifiantes et diplômantes en techniques minières, et quatre en techniques ferroviaires, avec déjà plus de 200 inscrits dès le démarrage. Ces choix ciblent précisément les exigences du projet pharaonique de Gara Djebilet, de l’extraction au pilotage d’engins lourds en passant par la transformation industrielle, anticipant une chaîne de production qui va exploser les besoins en main-d’œuvre qualifiée.
Anticipation et concertation pour l’emploi concret
Le secteur n’a pas attendu le feu vert du projet minier pour se réinventer : les programmes ont été révisés nationalement et localement, en dialogue étroit avec opérateurs économiques et experts, identifiant des pénuries criantes dans des métiers appelés à proliférer tout au long de la filière minière. Cette proactivité forge une adéquation formation-emploi inédite, transformant les déficits en opportunités structurées.
Centres d’excellence : hubs de partenariat permanent
La collaboration avec le privé et le public s’ancre désormais dans des mécanismes pérennes, via 18 centres d’excellence – dix opérationnels, huit en phase finale, comme celui de la pharmacie à Constantine. Chacun épouse la vocation économique de sa région : à Bordj Bou Arreridj, froid et électroménager garantissent une insertion immédiate ; les opérateurs co-rédigent même les curricula, short et long terme, mêlant théorie et immersion en entreprise pour une employabilité blindée.
Réorienter les jeunes : urgence et garantie d’emploi
Changer l’image de la formation pro s’impose comme une mission nationale, face aux déficits dans des spécialités clés : Nacima Arhab martèle la nécessité de réorienter la jeunesse, appâtée par des insertions rapides, voire automatiques, qui rassurent parents et apprentis.
Complémentarité avec l’enseignement supérieur en vue, elle met en lumière les techs émergentes – IA, cybersécurité – où la demande explose l’offre, boostées par e-learning, formation à distance et freelancing international.
Formateurs au cœur de l’excellence opérationnelle
La qualité repose sur la formation continue des encadreurs, pilier du plan stratégique : un réseau national déploie un calendrier annuel, avec stages en usines chez les opérateurs pour un pragmatisme sans faille. Cette dynamique assure des compétences prêtes à l’emploi, ancrées dans le réel industriel.
Numérisation : le turbo de la performance
Depuis février 2025, Tekwin numérise toutes les inscriptions ; Temhin cartographie stages et contrats d’apprentissage, interopérable avec l’ANEM pour traquer l’insertion des diplômés. Objectif : un stagiaire par contrat, une cartographie nationale de la demande qui propulse le secteur vers l’efficacité totale.
K. H.




