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Quatrième Commission : acculée sur le fond, la diplomatie du makhzen s’enferme dans la «voyoucratie verbale»

Par Kahina Hammoudi 

Le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Omar, a affirmé que les interruptions répétées subies par plusieurs pétitionnaires défenseurs de la cause sahraouie devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale révèlent l’incapacité de la diplomatie de l’occupation marocaine à répondre par les arguments. Elle recourt  au brouillage et à la «voyoucratie verbale ».

Une intervention interrompue à plusieurs reprises

Ces déclarations font suite à la réunion de la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation, mardi soir. L’intervention de Jacqueline Fontaine, représentante de l’Association française des amis de la République arabe sahraouie démocratique, y a été interrompue à plusieurs reprises par le représentant permanent adjoint du Maroc auprès de l’ONU. Elle exposait la situation des civils sahraouis et des détenus politiques dans les prisons marocaines.

Pour M. Omar, ce comportement n’est pas un accident de séance mais un aveu. Incapable de répondre aux faits, la diplomatie du makhzen recourt au brouillage et à la « voyoucratie verbale ». C’est, dit-il, « la preuve d’une défaite face à la force de l’argument et de la logique », ce qui pousse ces diplomates à saboter la parole plutôt qu’à la contredire.

« Ils confondent l’ONU avec leur royaume »

Le diplomate sahraoui juge ce comportement « irresponsable ». Il estime que les représentants du makhzen confondent l’ONU, tribune d’expression libre et de plaidoyer pour les droits de l’homme et des peuples, avec leur royaume, qui, selon lui, « vit encore au Moyen Âge, où règnent l’esclavage, la répression de toutes les libertés et le piétinement de la dignité humaine ».

« Ils confondent l’ONU et leur royaume »

Selon le diplomate sahraoui, ce comportement « irresponsable » montre que les diplomates marocains confondent l’ONU, espace d’expression libre et de plaidoyer pour les droits de l’homme et des peuples, avec leur royaume, qui, dit-il, « vit encore au Moyen Âge, où règnent l’esclavage, la répression de toutes les libertés et le piétinement de la dignité humaine ».

Ce que la pétitionnaire a exposé

Devant la Quatrième Commission, Mme Fontaine a évoqué la souffrance persistante des détenus politiques sahraouis. Elle a mentionné la grève de la faim de certains d’entre eux et leur demande d’application des décisions du Comité des Nations unies contre la torture et du Groupe de travail sur la détention arbitraire, y compris la libération des détenus et l’enquête sur leurs conditions d’arrestation.

Elle a aussi abordé la situation des jeunes Sahraouis dans les territoires occupés. D’après les témoignages reçus par son association, ils subissent arrestations, mauvais traitements et pressions qui les poussent à quitter le territoire. Elle a rapporté des rencontres à Paris avec de jeunes Sahraouis arrivés en Guyane française par des voies de migration forcée. Certains lui ont dit que la vie de demandeur d’asile en Guyane est moins difficile pour eux que celle au Sahara occidental sous occupation marocaine.

Malgré les tentatives d’interruption, la représentante de l’association a pu reprendre la parole et poursuivre la présentation de ces témoignages.

Une habitude, à la veille du Conseil de sécurité

L’incident survient avant les réunions du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental prévues ce mois-ci. Selon les positions sahraouies, la diplomatie du makhzen s’efforce de brouiller les voix solidaires du peuple sahraoui et de son droit inaliénable à l’autodétermination. Ce n’est pas la première fois : de telles pratiques se répètent dans les enceintes onusiennes, et des manœuvres se poursuivent pour entraver la participation de la RASD à plusieurs rencontres internationales.

K. H. 

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