Gel des immatriculations des véhicules d’occasion importés, flambée de l’Euro et Impact sur le marché: Que faut-il comprendre ?

L’établissement des cartes grises pour les voitures d’occasion de moins de trois ans d’âge, importées, est désormais gelé.
La note sous le sceau de l’urgence aurait été adressée ce mercredi par le… ministère de l’intérieur à toutes les wilayas du pays , avec instruction de suspendre la délivrance de ce document jusqu’à nouvel ordre.
Pourquoi le ministère de l’intérieur ? Et que signifie cette mesure ? S’agit-il d’une pause « technique » ou « réglementaire » rendue nécessaire par certaines données non divulguées ?
La pertinence incite à comprendre qu’il ne s’agit pas là d’une décision franche destinée à geler l’importation de véhicules d’occasion.
Il n’est pas dans les compétences du ministère de l’intérieur d’aborder ce volet qui relève des prérogatives du département du commerce et à un degré moindre de celui de l’industrie.
La mesure, en clair , émane du ministère habilité à délivrer la carte grise, ce document d’identité du véhicule importé. Ce même département peut en effet, juger nécessaire de prendre des mesures dans le cas où certains éléments prouvés liés aux besoins d’authentification de documents de base entre autres, venaient à attirer l’attention des services compétents.
Sauf que, jusqu’ici aucun argument ni motif n’ont été rendus publics.
S’agit-il d’une mesure dictée par des considérations d’ordre économique , Censée apaiser la flambée de l’Euro sur le marché parallèle ?
Dans ce cas l’intervention de départements du commerce, des finances ou de l’industrie serait beaucoup plus indiquée.
Soyons précis, le texte ne gèle pas l’importation. Mais plutôt l’immatriculation. Une disposition qui va avoir un effet totalement dissuasif pour tout prétendant à l’acquisition d’un véhicule importé. Du moins, momentanément.
Une manière détournée pour freiner l’appétit «commercial» de certains réseaux d’importation de véhicules qui ont réussi à contourner le verrou qui dispose qu’un Particulier n’a droit qu’à un seul véhicule importé tous les cinq ans.
La décision du ministère de l’intérieur ne pourrait reposer que sur d’éventuels soupçons de fraude ou d’alerte sur la provenance réelle de certains véhicules.
Par contre, l’effet dissuasif est immédiat. Aucun particulier ou professionnel n’irait s’aventurer à importer un véhicule dans ce nouveau contexte. Qui oserait prendre le risque ?
Par prolongement, la mesure aura un impact direct et immédiat sur le marché de change parallèle qui a connu une flambée inédite de l’euro , atteignant un record de 1 euro pour plus de 260 dinars !
L’explosion de l’euro a été notamment observée sur un espace temps très court, qui coïnciderait avec des achats massifs enregistrés sur ces marchés.
Par ailleurs, il faut noter que ces derniers temps, Fiat Algérie a multiplié les promesses et rencontres officielles pour accélérer la cadence de mise sur le marché de ses véhicules. Y aurait-il donc un lien inavoué entre la mesure du département de l’intérieur et l’engagement de Fiat à tenter d’absorber la demande ?
Un défi qui exige du temps et de la quantité pour répondre à un déficit accumulé sur des années.
Autre conséquence inévitable, le marché domestique des véhicules d’occasion va encore exploser avec des prix qui dépasseront la logique des marchés.
K.A




