Erdogan met en garde contre toute atteinte aux liens turco-iraniens : « Ne blessez pas notre fraternité millénaire »

Par Kahina Hammoudi
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti lundi contre toute action susceptible de porter ombrage aux relations séculaires entre la Turquie et l’Iran, après l’interception d’un missile iranien visant son territoire plus tôt dans la journée.
« Aucune mesure ne doit jeter une ombre sur nos liens de voisinage et de fraternité millénaires avec l’Iran, ni blesser notre nation », a-t-il déclaré dans une allocution à la nation, à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres. Malgré « nos avertissements sincères, des mesures erronées et provocatrices continuent d’être prises, mettant à rude épreuve l’amitié turque », a-t-il ajouté, dans un contexte de guerre ouverte entre l’Iran et les États-Unis depuis le 28 février.
Ankara déploie une diplomatie intense : « Nous avons tenu des entretiens avec 16 dirigeants pour trouver une issue à la crise », a révélé Erdogan, réaffirmant le soutien de la Turquie à la justice, au droit international, à la paix et à la stabilité en Iran, via le dialogue exclusivement.
Toutes les unités turques sont en état d’alerte maximale depuis le début du conflit. « Nous avons mobilisé l’ensemble de nos institutions », a insisté le président, précisant qu’aucun encombrement n’affecte les trois postes-frontières avec l’Iran. L’espace aérien est surveillé 24 heures sur 24 par des F-16, des avions AWACS et des ravitailleurs, en coordination avec l’Otan et les alliés. Des mesures supplémentaires renforceront la sécurité nationale.
Erdogan a aussi évoqué l’objectif d’une Turquie « exempte de terrorisme », mettant en garde contre les « erreurs de calcul » et le « réseau de massacres sioniste » qui sème la discorde entre frères. Sur le plan économique, il a rassuré : les réserves de la Banque centrale avoisinent 200 milliards de dollars, avec un système financier solide et liquide, prêt à absorber tout choc.
Dans cette escalade régionale qui menace le Golfe et au-delà, la Turquie d’Erdogan joue l’équilibriste : vigilance militaire, diplomatie active et fraternité préservée, refusant les pièges d’une guerre qui n’épargnerait personne.
K. H.




