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Ebola en RDC: L’épidémie s’étend, l’OMS lance un essai clinique

En RDC, Ebola a fait plus de 400 morts et atteint Kisangani. L’OMS lance l’essai « Partners » pour tester 2 traitements potentiels.

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), qui a fait plus de 400 morts selon un dernier bilan jeudi, continue à s’étendre avec un cas récemment confirmé à Kisangani, la grande ville du nord-est située à près de 600 km du foyer de la crise.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déclenché une alerte sanitaire internationale, a annoncé vendredi le lancement d’un essai clinique portant sur deux traitements potentiels contre le virus Ebola de souche Bundibugyo.

L’essai « Partners » teste un anticorps et un antiviral

Baptisé « Partners », l’essai a débuté avec l’inclusion du premier patient et vise à évaluer l’efficacité d’un anticorps monoclonal et d’un antiviral, administrés soit conjointement, soit séparément, a indiqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse jeudi soir à Genève.

L’étude est menée par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC, avec l’appui de plusieurs partenaires, dont l’OMS.

« Les patients participant à cet essai bénéficieront d’une prise en charge complète et d’un suivi étroit », a assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus, ajoutant que l’Organisation veillera à rendre les deux traitements disponibles s’ils se révèlent sûrs et efficaces.

Une 17e épidémie sans vaccin ni traitement homologué

La 17e épidémie en RDC est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué. Ebola, qui provoque une fièvre hémorragique, a provoqué la mort de plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L’épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3 500 malades recensés, entre 2018 et 2020.

Un taux de létalité de 31,2 %

Depuis le déclenchement de l’épidémie, les autorités congolaises ont enregistré 1 406 cas et 438 décès, soit un taux de létalité de 31,2 %, selon l’Institut national de santé publique (INSP) congolais. Le foyer de la crise, dont l’ampleur réelle est encore difficile à évaluer, se situe dans la province de l’Ituri, frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, ainsi que dans les provinces proches du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

En Ouganda, 20 cas, dont deux décès, ont été enregistrés. Aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 21 juin, mais un cas de fièvre hémorragique de Marburg, similaire à Ebola, a été détecté mardi, a souligné l’OMS jeudi.

Une coopération sanitaire transfrontalière jugée « stratégique »

« Les épidémies ne connaissent pas de frontières », a insisté jeudi le président de la RDC, Félix Tshisekedi, pendant une conférence de presse à Kinshasa à l’issue d’une visite officielle de son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa.

« La coopération sanitaire transfrontalière n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique », a-t-il ajouté.

« Lorsqu’un pays frère a besoin d’aide, nous répondons à cet appel », a souligné, de son côté, le président sud-africain, soutenant qu’un milliard et demi de dollars ont été mobilisés par les partenaires et les nations africaines (100 millions) en soutien à la riposte sanitaire en RDC.

R. I. 

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