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Comment le Maroc s’arme avec l’entité sioniste et l’argent des Emirats : Un dispositif militaire orienté contre l’Algérie

Dans un éditorial publié le 1er octobre, l'ancien ambassadeur d'Algérie s'appuie sur une analyse de JNS pour décrire une coopération militaire entrée dans une phase plus structurée.

Par Kahina Hammoudi

L’ancien ambassadeur d’Algérie Amar Belani juge que la coopération militaire entre Israël et le Maroc est entrée dans une phase nouvelle, plus structurée et plus assumée. Dans un éditorial intitulé «Israël, Maroc, Golfe : les contours d’un dispositif militaire orienté contre l’Algérie», publié le 1er octobre, il s’appuie sur une analyse récente de Jewish News Syndicate (JNS), selon laquelle le Maroc est devenu l’un des premiers clients de l’industrie de défense israélienne.

Un catalogue d’acquisitions « éloquent »

Selon Belani, les achats marocains couvrent la défense aérienne, les drones, le renseignement, l’artillerie, les missiles et les satellites. Il cite le système Barak MX d’Israel Aerospace Industries, les drones Hermes et Heron, 36 obusiers automoteurs ATMOS 2000 et les lance-roquettes PULS d’Elbit Systems.

Rabat envisage en outre de coupler les missiles israéliens LORA, d’une portée annoncée de 400 à 500 kilomètres, aux systèmes HIMARS américains qu’il doit recevoir des États-Unis.

Pour l’auteur, il ne s’agit plus de contrats isolés : ces composantes s’articulent progressivement en un ensemble cohérent, associant surveillance, renseignement, défense aérienne et capacité de frappe. Le Maroc dispose désormais, écrit-il, d’un accès élargi aux technologies israéliennes dans ces domaines.

Les recoupements confirment l’essentiel. Le contrat Barak MX, conclu en 2022, est évalué à environ 500 millions de dollars, et le projet d’intégration des LORA aux HIMARS a été rapporté par la presse israélienne.

La question du financement

Belani relaie ensuite le point soulevé par JNS : un observateur occidental affirme qu’une partie de ces achats ont couverte par des capitaux du Golfe, au premier chef émiratis.

Il inscrit l’ensemble dans le cadre des accords d’Abraham : Israël fournit la technologie, tandis que les monarchies du Golfe apportent les ressources financières et les réseaux d’investissement.

Une convergence d’intérêts

L’ancien ambassadeur précise que rien ne permet d’établir l’existence d’une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie. Mais les éléments disponibles dessinent, selon lui, une coopération bilatérale et une convergence d’intérêts régionaux, inscrites dans un cadre commun dont l’orientation algérienne ne fait guère de doute.

Marrakech, vitrine du rapprochement

Le Salon de l’aéronautique de Marrakech, du 7 au 10 octobre, doit donner à ce rapprochement sa pleine visibilité. Cinq groupes israéliens y participent : IAI, Elbit Systems, Rafael, Xtend et UVISION.

Un réseau autour du Maroc

Pour l’Algérie, conclut Belani, la vigilance ne porte plus seulement sur les armements livrés au voisin. Elle porte aussi sur la constitution, autour du Maroc, d’un réseau qui conjugue technologies israéliennes, capitaux du Golfe et partenariats militaires occidentaux.

C’est cette convergence, bien plus que tel ou tel contrat, qui reconfigure progressivement l’équilibre stratégique au Maghreb et nourrit à Alger une perception accrue des menaces pesant sur la stabilité régionale.

K. H. 

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