Le Caire : l’Algérie plaide pour un front médiatique arabe uni

Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, a appelé, mercredi au Caire, à intensifier la coordination médiatique arabe afin de promouvoir un discours fort et efficace, à même de défendre les intérêts arabes communs, notamment en ce qui concerne la cause palestinienne.
Dans une allocution prononcée lors des travaux de la 56e session du Conseil des ministres arabes de l’Information, tenue au siège du Secrétariat général de la Ligue des Etats arabes, M. Bouslimani a expliqué que la conjoncture internationale actuelle nous dicte de « resserrer les rangs et d’intensifier la coordination médiatique arabe pour promouvoir un discours médiatique fort, équilibré, influent et efficace, consacrant un noble message et relevant les défis actuels et futurs, en réponse aux aspirations des peuples arabes et en faveur de la stabilité de la région et de la défense de nos intérêts arabes communs, en tête desquels le droit du peuple palestinien à établir son Etat indépendant, avec El-Qods pour capitale ».
Dans ce contexte, le ministre a réaffirmé que La cause palestinienne demeure « la cause centrale », soulignant que le devoir des médias arabes à son égard va au-delà de la couverture médiatique traditionnelle pour élaborer un plan médiatique intégré qui met en lumière les souffrances du peuple palestinien et faisant connaître ses droits légitimes à l’opinion publique mondiale, en toute honnêteté et crédibilité.
Il a également souligné la nécessité de mobiliser les médias arabes contre les violations commises à l’encontre du peuple palestinien et de les dénoncer devant la communauté internationale, y compris les incursions systématiques menées par les autorités d’occupation, les agressions commises par l’armée d’occupation et les colons dans les villages et les villes en Palestine ainsi que contre les lieux saints musulmans, et les pratiques portant atteinte à la dimension spirituelle d’El-Qods.
A ce titre, le ministre a insisté sur l’importance d’assurer le suivi et l’évaluation du « Plan d’action médiatique à l’étranger » et de soutenir les activités du « Comité arabe des médias électroniques », qu’il a qualifiés de « pierre angulaire pour l’élaboration des plans, la construction du narratif arabe et la correction de l’image stéréotypée, ainsi que pour la protection de l’espace numérique et intellectuel arabe dans le cyber-environnement international ».
Le principal défi auquel sont confrontés les médias arabes réside dans la « production de contenus médiatiques capables d’atteindre l’autre et d’influencer ses convictions concernant les questions arabes, au premier rang desquelles la question palestinienne », a-t-il ajouté, soulignant la « nécessité d’actualiser le volet du Plan d’action médiatique consacré à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, afin de rehausser l’image collective du monde arabe auprès de l’opinion publique internationale ».
A ce propos, il a mis en avant les efforts déployés par l’Algérie dans le cadre d’une approche pratique à plusieurs dimensions visant à endiguer les phénomènes de l’extrémisme violent et du terrorisme.
Il a, par ailleurs, évoqué les démarches de l’Algérie visant à renforcer la présence de ces questions dans le paysage médiatique national, en application des engagements liés au Plan arabe unifié de traitement médiatique de ces questions et dans le but d’harmoniser les efforts nationaux avec la Vision arabe 2045.
Concernant les médias numériques, M. Bouslimani a appelé à l’adoption d’une stratégie arabe unifiée pour traiter avec les grandes entreprises du numérique et les plateformes internationales, de manière à protéger les intérêts des pays arabes et les valeurs de leurs sociétés, à travers l’élaboration d’un plan d’action pour négocier avec ces entreprises, fondé sur une stratégie de voies parallèles, l’inscription des droits numériques liés à l’intelligence artificielle parmi les priorités immédiates des négociations, ainsi que l’investissement dans le capital humain.
S’agissant de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les médias, le ministre a indiqué que la vision du secteur de la Communication en Algérie repose sur le principe consistant à « adopter ses applications comme un outil de soutien au travail journalistique, de renforcement des compétences des journalistes et de diffusion des connaissances et des faits, et non comme une plateforme de falsification de la réalité ».
La coordination arabe commune constitue une « soupape de sécurité permettant de passer de la consommation numérique à la souveraineté technologique, afin de garantir la place des médias arabes dans le monde et de protéger les sociétés arabes contre la dépendance numérique et les dérives algorithmiques qui menacent leur identité et leurs valeurs », a fait remarquer M. Bouslimani.
Par ailleurs, le ministre de la Communication a salué les mesures prises pour renforcer la coopération arabo-chinoise dans ce domaine, qualifiant celle-ci de « partenariat stratégique contribuant à l’échange d’expertises, à la localisation des technologies modernes et au renforcement des passerelles de communication civilisationnelle et de coopération entre la Chine et le monde arabe, dans un contexte marqué par les mutations rapides de l’ordre international ».




