Crise migratoire à Ceuta : le Maroc visé par une plainte en Espagne

Le parti politique espagnol Iustitia Europa a déposé une plainte auprès des institutions européennes pour demander que soit enquêtée l’entrée massive de migrants à Ceuta et la réponse des institutions communautaires et de plusieurs États membres, considérant que l’Espagne a été victime d’une « agression hybride » exécutée par le Maroc, selon la presse espagnole.
La formation invite ainsi la Commission européenne, le Conseil européen, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen à analyser « les responsabilités éventuelles découlant de l’utilisation des flux migratoires comme instrument de pression contre un État membre et la réponse apportée par les institutions européennes et les différents gouvernements nationaux ».
Iustitia Europa soutient que l’arrivée d’environ 70 000 personnes dans la ville autonome en un court laps de temps ne peut être considérée comme un phénomène migratoire « spontané », mais une action organisée qui a compromis la sécurité d’une frontière extérieure de l’Union européenne. Selon la plainte déposée par le parti, l’ampleur des faits rend difficile de soutenir qu’ils se sont produits sans la connaissance ou l’intervention des autorités marocaines.
« Le Maroc contrôle ses routes, ses accès, ses forces de police et sa frontière. Il contrôle également les mouvements de grandes concentrations humaines dans une zone de sensibilité stratégique particulière. La disparition soudaine de ces contrôles a permis l’entrée massive à Ceuta. Le Maroc a utilisé sa population comme instrument de pression contre l’Espagne », dénonce le parti.
R. I.




