Crise avec le Maroc: Le roi Felipe VI d’Espagne réunit l’état major des armées sans la présence de Pedro Sanchez

Par Youcef.O
Le roi Felipe VI d’Espagne a présidé, le lundi 7 septembre 2026, une réunion militaire de haut niveau au palais de la Zarzuela pour analyser la situation à Ceuta, abordée sous l’angle strict de la «défense».
Cette convocation de l’état-major survient après la crise frontalière majeure des 30 et 31 juillet derniers, durant laquelle l’enclave espagnole a fait face à un afflux inédit de plus de 70 000 migrants en provenance du Maroc.
Bien que certains observateurs ou médias qualifient symboliquement cette rencontre de « Conseil de guerre « face à l’ampleur de la crise souveraine, la Maison royale l’a présentée comme une réunion de travail stratégique.
Le souverain s’est entouré des plus hautes autorités militaires du pays.
En clair, Felipe VI reprend la main sur un dossier dans lequel le gouvernement de Pedro Sanchez apparaît de plus en plus fragilisé.
La crise a éclaté avec une brutalité spectaculaire. Les 30 et 31 juillet derniers, plus de 70 000 Marocains ont franchi la frontière de Ceuta, dans ce qui s’est transformé en véritable démonstration de force aux portes du territoire espagnol.
Des rapports des services de renseignement espagnols ont depuis mis en cause le rôle des autorités marocaines et évoqué une opération organisée depuis le Maroc.
Madrid n’est, dès lors, plus face à une crise migratoire, mais face à une instrumentalisation délibérée des flux humains à des fins de pression politique, instiguée par les Etats-Unis et l’entité sioniste.
Un peu plus d’un mois après cette «invasion», la situation dans l’enclave située en Afrique du Nord reste tendue, a affirmé devant la presse Juan Jésus Vivas. Ceuta est, selon lui, une «cocotte-minute qui peut exploser n’importe quand».
«C’est une situation qui n’est pas durable. On ne peut plus y faire face (…) On est à la limite de nos possibilités. Nous sommes au bord du gouffre, de l’effondrement», alerte le président de l’enclave, appelant à une reconnaissance «claire et sans équivoque» des frontières terrestres de Ceuta et Melilla comme frontières européennes et à leur respect.
En conséquence, a-t-il ajouté, «nous allons demander qu’il y ait une présence permanente de l’Europe à Ceuta», via notamment l’agence Frontex, qui assure la surveillance des frontières extérieures de l’UE.
Il s’exprimait avant une rencontre prévue avec deux commissaires européens à Bruxelles.
Le dirigeant de Ceuta, membre du Parti populaire (droite), a également accusé le Maroc d’être derrière cet afflux massif de personnes, «par action ou omission».
«Vous pensez qu’on peut mobiliser 80.000 personnes, 90.000 personnes, 100.000 personnes, sans que le Maroc et les autorités marocaines s’en aperçoivent?», a lancé Juan Jésus Vivas.
Le Maroc a eu recours à la «pression migratoire pour mettre en péril l’intégrité territoriale de Ceuta, de l’Espagne et de l’Europe», a-t-il encore dénoncé.
Cette situation «intolérable» doit «recevoir une «réponse ferme de la part de l’Europe, en disant au Maroc que, si nous voulons une politique de coopération fructueuse et bénéfique, nous devons partir du respect, à commencer par celui des frontières».
Y.O




