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Attaf au Caire, mandaté par Tebboune : l’Algérie pilote le renouveau du partenariat Afrique-Russie

Ahmed Attaf, mandaté par Tebboune, pilote au Caire la 2e réunion du Forum Afrique-Russie. Évaluation du Plan d'action 2023-2026 et préparatifs du sommet 2026 pour un partenariat stratégique Russie-Algérie en énergie et défense. Découvrez l'analyse géopolitique d'un axe multipolaire sud-sud

Par Kahina Hammoudi 

Dans un ballet diplomatique qui trace les contours d’un nouvel axe sud-sud, Ahmed Attaf, ministre d’État aux Affaires étrangères, Communauté nationale à l’étranger et Affaires africaines, a posé ses valises jeudi soir dans la capitale égyptienne.

Chargé personnellement par le président Abdelmadjid Tebboune, il prend part ce vendredi et samedi à la 2e Réunion ministérielle du Forum de partenariat Afrique-Russie. Un communiqué du ministère l’annonce sobrement, mais les enjeux grondent en sous-texte : évaluer les avancées du Plan d’action conjoint 2023-2026 et préparer le 3e Sommet Afrique-Russie de 2026, pour insuffler un « nouvel élan » à cette alliance naissante.

L’Algérie, fidèle à sa vocation de pivot africain, n’est pas simple spectatrice. Attaf y porte la voix de Tebboune, celle d’un pays qui refuse les tutelles et forge ses alliances hors des sentiers occidentaux battus.

Le partenariat Afrique-Russie, un contrepoids stratégique où l’Algérie excelle

Ce forum n’est pas qu’une réunion de protocoles : il scelle un virage historique.

Lancé en 2022-2023 au cœur des tensions ukrainiennes, le partenariat Afrique-Russie défie l’unipolarité atlantique.

Le Plan d’action 2023-2026 cible l’industrie, l’énergie, l’agriculture et la défense – des secteurs où la Russie, malgré les sanctions, apporte technologies et financements sans les conditionnalités moralisatrices de l’Occident.

L’Afrique, continent en quête d’autonomie, y voit un partenaire fiable : exportations de céréales russes pour contrer les famines, investissements dans les minerais critiques pour la transition énergétique.

Mais au cœur de cette dynamique trône l’Algérie, pilier stratégique de Moscou sur le continent.

Les liens russo-algériens, forgés dans les années 1960 et renforcés par des contrats gaziers colossaux (Gazprom et Sonatrach main dans la main), s’étendent aujourd’hui à la défense : livraisons massives de Sukhoï et S-400, formation militaire, exercices conjoints.

Alger, premier importateur africain d’armement russe (près de 80% de son arsenal), contrebalance ainsi l’OTAN au Sahel et sécurise ses frontières sahariennes.

Ce partenariat n’est pas gratuit : en échange, l’Algérie ouvre les portes africaines à Rosatom pour le nucléaire civil et à Rosneft pour l’exploration offshore.

Pour Tebboune, mandater Attaf au Caire, c’est affirmer l’Algérie comme architecte d’un multipolarisme africain. Face à un Occident qui brandit sanctions et ingérences, cette alliance russo-africaine – dopée par les BRICS où Alger postule – promet souveraineté économique et technologique. Reste à transformer les plans en actes concrets : le sommet 2026 sera le test. L’Algérie, avec son gaz et son influence maghrébine, pourrait bien en être le moteur.

K. H.

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