A la Une

Attaf à Madrid : une offensive diplomatique pour dynamiser le partenariat algéro-espagnol

Par Kahina Hammoudi 

Dans un contexte marqué par les tensions euro-méditerranéennes et les défis sahéliens, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a multiplié les signaux forts lors de sa visite de travail en Espagne. Ce samedi, il a tenu une séance de travail cruciale avec son homologue espagnol, José Manuel Albares Bueno, dans la capitale ibérique. Au menu : un bilan sans complaisance des relations bilatérales et une feuille de route ambitieuse pour les insuffler d’une nouvelle vitalité.

D’après le communiqué du ministère, cette rencontre bilatérale s’inscrit dans une stratégie plus large de relance des liens algéro-espagnols. Les deux ministres ont passé en revue les volets énergie, commerce, investissements et transports, sans oublier la coopération judiciaire et consulaire. L’Espagne représente un levier stratégique pour Alger, surtout avec les gazoducs transmaghrébins en ligne de mire et les besoins ibériques en gaz algérien face à la crise énergétique post-ukrainienne.

Mais Attaf n’a pas fait le déplacement pour des généralités. L’enjeu majeur : préparer au mieux la prochaine visite d’Albares en Algérie, qui doit déboucher sur la 8e session de la réunion de haut niveau algéro-espagnole. « Il s’agit d’exploiter cette opportunité pour un préparatif optimal », insiste le communiqué.

Au-delà des bilatérales, l’échange a viré à la confidence géopolitique. Les deux hommes d’État ont disséqué les développements dans le Sahel saharien – cette poudrière où terrorisme, trafics et instabilités frontalières menacent la stabilité régionale – et les défis communs de l’espace euro-méditerranéen. Pour l’Algérie, c’est l’occasion de rappeler son rôle pivot face aux crises migratoires et sécuritaires qui obsèdent Madrid.

Cette offensive diplomatique d’Attaf n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une séquence active : accueil récent de l’ambassadeur d’Eswatini, discussions énergétiques avec l’Italie via Arkab, et même des relances aériennes vers Johannesburg.

L’Algérie ne se contente plus de réagir ; elle impose son agenda, au Nord comme au Sud.

K. H.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page