Abdelmadjid Tebboune à EL Jazeera : l’Algérie était «prête» à intervenir en Libye

Hirak, fonds détournés, Libye, Sahara Occidental Palestine, et les relations algéro-françaises, sont autant de questions évoquées par le président de la République Abdelmadjid Tebboune dans un entretien accordé à la chaîne qatarie El Jazeera (il sera diffusé ce mardi après-midi à 17h05 et rediffusée dans la soirée à 23h05 sur les chaînes nationales).

C’est le deuxième « entretien accordé par le président Tebboune à un média étranger en moins d’une semaine après celui de l’hebdomadaire français Le Point, la semaine écoulée.

Interrogé quant à la situation en Algérie, le chef de l’Etat, a d’emblée estimé nécessaire de faire «la différence » entre le Hirak « authentique » et «les manifestations » qu’auront connues beaucoup de nos villes ces derniers jours, dont «l’identité demeure inconnue ».
« Les dernières manifestations sont anonymes et ne son pas unies intellectuellement, encore moins dans leurs revendications et slogans », a-t-il dit à ce propos.

« Le Hirak béni et authentique a sauvé l’Etat algérien de dissolution », a affirmé le président Tebboune notant que ce mouvement a «triomphé grâce à son pacifisme sous le protection des services de sécurité et de l’armée ».
« Nous avons dépassé le stade du danger grâce aux treize millions de citoyens qui ont sauvé l’Algérie d’une bande qui voulait aller vers un cinquième mandat (de l’ancien président Bouteflika) ou prolonger le quatrième », a-t-il souligné.

C’est à l’ère de cette « même bande » que des «centaines de milliards de dollars ont été detournés, puis transférés à l’étranger ».
« Cette mafia a voulu le prolongement de la maladie de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika pour s’emparer encore de pouvoir », a soutenu le président Tebboune pour qui, l’Algérie demeure un pays ciblé.

Pourquoi donc ? Car, « elle n’adhère pas aux complots contre le monde arabe ».
Il a dans ce sens réitéré les positions de l’Algérie, s’agissant des questions sahraouie et palestinienne. Aussi, nulle question de normalisation avec l’entité sioniste. « Les États arabes sont convenus sur le principe de la terre contre la paix. Or, aujourd’hui il n’y a ni terre ni paix en Palestine. Pourquoi donc la normalisation?», a-t-il fait savoir. Idem s’agissant du combat des Sahraouis pour le recouvrement de leur indépendance.

« Nous n’accepterons en aucun cas la politique du fait accompli », a clairement asséné le chef de l’Etat.
Abordant le « chaos » qui règne dans la Libye voisine, le président Tebboune, a sans détour aucun, révélé que l’Algérie était « prête à intervenir en Libye pour repousser une attaque militaire contre Tripoli, à l’époque sous la menace de mercenaires ».

« Nous avions dit que Tripoli est une ligne rouge (…) le message a été reçu », a-t-il dit.

Commentant les manœuvres effectuées par les troupes de l’ANP, le président Tebboune affirme qu’elles visent « la préparation à toute urgence ».

Dans son entrevue accordée à El Jazzera, le président de la République a également abordé la question des relations algérie-françaises qui connaissent un froid notamment depuis l’édito du journal Le Monde de son édition du 05 juin, intitulé (l’Algérie dans l’impasse autoritaire).
Abdelmadjid Tebboune, a dans ce sens, fait état de l’existence de trois lobbies qui « visent l’Algérie », et qui ne sont pas en accord entre eux.
Le premier est à ses dires, « constitué de colons ayant hérité de la haine du colonialisme», le second est « une extension de colonialisme » tandis que le « troisième est constitué d’Algériens qui sont aux côtés de la France ».

Y.O

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