AADL 3 : la pression monte autour du paiement de la deuxième échéance
Des députés algériens ont demandé un report de trois mois pour le paiement de la 2e moitié de la 1re tranche du programme AADL 3, citant des difficultés financières pour les souscripteurs.

Par Kahina Hammoudi
À quelques jours de l’échéance fixée pour le règlement de la deuxième moitié de la première tranche du programme AADL 3, la pression ne cesse de monter parmi les souscripteurs. Entre difficultés financières, refus de crédits bancaires et dépenses liées à l’Aïd El-Adha, plusieurs députés montent désormais au créneau pour réclamer un report du paiement.
De nouvelles requêtes ont ainsi été adressées au ministre du Logement, de l’Urbanisme et de la Ville afin de demander un délai supplémentaire de trois mois pour permettre aux bénéficiaires d’honorer leurs engagements dans des conditions plus souples.
Le député Mohamed Bouzidi, du Front El Moustakbal, figure parmi les élus ayant officiellement sollicité l’intervention du ministre Mohamed Tarek Belaribi. Dans sa correspondance, il estime que la date limite arrêtée au 20 mai 2026 intervient dans un contexte particulièrement difficile pour les familles algériennes, déjà confrontées à une forte pression sur leur pouvoir d’achat.
Selon lui, de nombreux souscripteurs peinent aujourd’hui à réunir les sommes exigées, notamment à cause des difficultés d’accès aux crédits bancaires. Une situation qui, explique-t-il, risque de placer des milliers de familles dans une impasse financière, d’autant plus que cette échéance coïncide avec les dépenses importantes liées à l’Aïd.
Cette demande de report s’inscrit dans la continuité des précédentes revendications formulées depuis le lancement du programme AADL 3. Plusieurs députés avaient déjà interpellé le ministère concernant l’assouplissement des modalités de paiement, la situation des veuves souscriptrices ou encore la nécessité d’intégrer davantage d’infrastructures de proximité dans les futures cités.
Face à ces préoccupations, certaines mesures avaient déjà été mises en place par les pouvoirs publics. Le gouvernement avait notamment autorisé le paiement de la première tranche en deux étapes afin d’alléger la charge financière des bénéficiaires.
Dans le même sillage, la CNEP-Banque avait lancé un crédit spécialement dédié aux souscripteurs AADL 3, permettant de financer la totalité de l’apport personnel avec un taux d’intérêt bonifié à 1 %. Une mesure destinée aux salariés et retraités remplissant certaines conditions de revenus et d’âge.
L’État continue également de soutenir massivement ce programme à travers différentes aides financières, notamment la prise en charge partielle du coût du foncier et de la viabilisation, ainsi que la bonification des taux d’intérêt par le Trésor public.
Malgré ces dispositifs, la question du pouvoir d’achat demeure centrale. Pour de nombreux souscripteurs, le report de cette échéance apparaît aujourd’hui comme une nécessité plus qu’un simple confort. Reste désormais à savoir si le ministère du Logement répondra favorablement à cette nouvelle pression parlementaire et sociale.
K. H.




