À Oran, l’autisme n’est plus un dossier oublié

Par Nadera Rebiai
Oran vient de basculer dans un nouveau chapitre, l’inauguration du centre spécialisé de Belgaïd, dédié à la prise en charge des enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) et de trisomie 21, n’est pas un événement ordinaire, c’est la matérialisation, en béton et en équipements, d’une ambition qui a mis des décennies à trouver sa traduction budgétaire, une nouvelle structure qui s’ajoute en complément au futur centre pour enfants autistes porté par Tosyali Algérie lancé en 2025.
Ce dernier aura une capacité d’accueil de plus de 700 enfants et s’étendra sur une superficie de plus de 11.000 mètres carrés et dont les travaux avancent à 25 % .
Le nouveau centre dispose d’espaces pédagogiques modernes, ateliers de rééducation sensorielle et comportementale, unité d’orthophonie, suivi psychomoteur, équipements de pointe; offrant ainsi une prise en charge globale là où des familles ne trouvaient jusqu’ici que des listes d’attente, des orientations floues et une solitude administrative que beaucoup avaient fini par intégrer comme une fatalité.
Mais Oran n’est pas une exception isolée, elle est la dernière pièce visible d’un puzzle national en cours d’assemblage, qui prend forme depuis le lancement du Plan national autisme 2024–2029 et la promulgation du décret n° 26-09 du 7 janvier 2026 — texte fondateur qui acte la création d’un Centre national de l’autisme, avec des annexes régionales à Tipaza, Oran, Tébessa et Béchar.
Après cette dernière ville, Oran a juste confirmé le lancement d’un réseau de centres spécialisés avant la rentrée scolaire 2026–2027.
L’autisme en Algérie : Repères chiffrés
Selon les estimations de la plateforme officielle Autisme Algérie, près de 500 000 personnes seraient concernées par les troubles du spectre autistique en Algérie, contre 37 000 à 80 000 enfants répertoriés dans les données officielles des années 2010–2015.
La prévalence a été multipliée selon des experts, passant d’1 cas pour 10 000 habitants à 1 pour 100 en quelques décennies, signe d’une meilleure détection autant que d’une progression réelle.
De la promesse au décret : l’État structure sa réponse
L’État algérien est passé, ces deux dernières années, d’une approche essentiellement palliative à une politique structurée…. le Plan national autisme 2024–2029 fixe quatre axes : dépistage précoce, formation des professionnels de santé et de l’éducation, prise en charge thérapeutique intégrée, et inclusion scolaire progressive, avec un accent particulier sur la réduction des inégalités entre grandes villes et zones d’ombre.
De plus , le décret de janvier 2026 concrétise cet élan en dotant le dispositif d’une architecture institutionnelle : un centre national de référence à vocation scientifique et pédagogique, portant d’annexes régionales servant simultanément de pôles de diagnostic, de formation continue des équipes et de soutien direct aux familles; une architecture en réseau qui devrait, selon les engagements officiels, être opérationnelle avant septembre 2026.
Le constat est là, derrière l’image d’un ruban coupé, c’est toute une politique nationale, qui amorce sa mise en œuvre réelle mais aussi des familles qui pleurent devant une caméra de télévision régionale !
À Oran ou à Béchar; L’Algérie ne part pas de rien, mais elle rattrape un retard lourd souvent exprimé en larmes des parents d’autistes, et rattraper du retard, dans ce domaine, se mesure en nombre d’enfants qui auront droit à ce dont ils avaient besoin….Un besoin légitime, intégrer la société.
Synapse quand l’actualité rencontre l’espoir
N.R




