Saisie record de prégabaline et de cocaïne : la riposte algérienne montre son efficacité

Par Kahina Hammoudi
La plus récente opération judiciaire contre un réseau transnational de stupéfiants confirme la montée en puissance des services de sécurité algériens. Le parquet du pôle pénal national chargé de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, appuyé par le Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de la DGSN, a dévoilé vendredi les résultats d’une enquête exemplaire : 10 402 700 comprimés de prégabaline (300 mg) et 33,4 kg de cocaïne saisis, 25 personnes arrêtées en flagrant délit et une cinquantaine de suspects identifiés, parmi lesquels des ressortissants algériens, marocains et néerlandais.
La réussite de cette opération tient à la coordination et au professionnalisme des forces. Les perquisitions, ciblées et minutieuses, ont permis de mettre au jour une logistique bien rodée — entrepôts, circuits d’acheminement et infrastructure de distribution — que les enquêteurs ont démantelée pas à pas. Les mis en cause, présentés devant le parquet et placés en détention provisoire, font face à des chefs d’accusation lourds : importation, transport et détention de stupéfiants en bande organisée, contrebande portant atteinte à la santé publique, et blanchiment d’argent.
Au-delà du spectaculaire chiffre des comprimés saisis, cet épisode illustre l’efficacité accrue des dispositifs algériens de contrôle et de renseignement. La DGSN et le pôle pénal national montrent qu’ils savent suivre des pistes transnationales, verrouiller les maillons logistiques et agir rapidement pour neutraliser les cellules locales. La présence, parmi les identités établies, de ressortissants étrangers confirme que l’Algérie ne se contente plus d’interventions ponctuelles : elle s’inscrit désormais dans une dynamique de coopération internationale et de réponse judiciaire soutenue.
Les autorités ont su conjuguer répression et rigueur procédurale. Les qualifications retenues contre les mis en cause — organisation criminelle transnationale, atteinte à la sécurité et à la santé publiques, blanchiment — indiquent une volonté claire de frapper au cœur des réseaux, pas seulement leurs exécutants. Cette posture dissuasive est essentielle pour protéger la société civile et préserver la sécurité sanitaire du pays.

Reste la nécessité d’entretenir et d’amplifier ces efforts : renforcement des contrôles aux points d’entrée, traçabilité des circuits pharmaceutiques, coopération judiciaire et opérationnelle avec les partenaires régionaux et européens, et vigilance accrue autour des flux financiers. Mais la leçon est nette : lorsque l’État met en ordre ses services et ses moyens, il est capable de porter des coups décisifs aux filières transnationales.
Cette affaire doit donc être lue comme un signal positif. Elle récompense le travail des enquêteurs et des magistrats, elle protège les citoyens et elle renforce la crédibilité de l’action publique. Si la vigilance se poursuit et que la coopération internationale s’intensifie, l’Algérie est mieux armée pour réduire l’espace de manœuvre des réseaux et préserver la sécurité de la région.
K. H.




