Protéger l’enfance: Le choix souverain de l’Algérie face à l’épreuve des chiffres

Par Nadera Rebiai

Le 15 juillet, l’Algérie célèbre sa Journée nationale de l’enfant…aux côtés des discours institutionnels et d’un taux officiel de travail infantile proche de zéro, les statistiques sociales apportent un éclairage complémentaire sur ce dossier.

Une journée dédiée aux droits de l’enfant
Célébrée chaque année le 15 juillet, la Journée nationale de l’enfant algérien commémore l’adoption de la loi n°15-12 relative à la protection de l’enfant, promulguée à cette même date en 2015.

Cette journée est l’occasion pour les pouvoirs publics de mettre en avant les efforts consentis par l’État pour garantir à l’enfant algérien un environnement plus sûr, un meilleur accès aux services publics essentiels et une prise en charge adaptée aux besoins des différentes catégories d’âge.

Un cadre juridique et institutionnel consolidé

Depuis l’adoption de la loi n°15-12, l’Algérie dispose d’un arsenal juridique global couvrant la protection sociale, judiciaire et institutionnelle des mineurs, ce texte a permis la création de l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE), doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, ainsi que l’institution d’un Délégué national à la protection de l’enfance chargé du suivi des situations et du traitement des signalements.

Parmi les dispositifs concrets mis en place : un numéro vert (11-11) pour signaler toute atteinte aux droits de l’enfant, une cellule de signalement composée de juristes, d’assistants sociaux et de psychologues, ainsi que l’application « Allô Tofola » lancée récemment…un système d’information sur la situation de l’enfance, coordonné entre les différents secteurs concernés, centralise également les données relatives à l’éducation, la santé et la protection sociale.

Le secteur de la Solidarité nationale s’appuie par ailleurs sur un réseau de 50 établissements spécialisés dans la protection de l’enfance, offrant des services d’accompagnement aux enfants en situation de danger ou de vulnérabilité, dans le cadre d’une approche préventive et intégrée.

Le travail des mineurs, un phénomène officiellement marginal

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a réaffirmé que la protection de l’enfance relève désormais d’un choix souverain et immuable pour l’État algérien, une conviction appuyée par une stratégie nationale intégrée mêlant arsenal législatif, contrôles rigoureux, protection sociale et sensibilisation.

Entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 mai 2026, l’Inspection du travail a passé au crible plus de 72 000 entreprises du secteur privé — un chiffre qui confirme l’annonce faite en juin dernier par le ministère : le taux de travail des enfants de moins de 16 ans en Algérie ne dépasse pas 0,001%, tandis que à l’échelle mondiale, la tendance est à la baisse : le nombre d’enfants au travail est passé de 246 à 138 millions depuis 2000, même si la communauté internationale n’a pas encore atteint l’objectif d’éradication totale fixé pour 2025.

Une réalité plus diffuse que les statistiques formelles

Le secteur formel offre un premier niveau de lecture, d’autres études sociales apportent des éléments complémentaires : la participation des enfants à des activités économiques ou domestiques peut prendre des formes plus discrètes : Tâches familiales, commerce informel, emplois précoces ; qui relèvent d’un suivi différent de celui du secteur formel.

Entre les chiffres et le quotidien des familles, la protection de l’enfance demeure un engagement de chaque instant, porté à la fois par les institutions et par la vigilance de chacun, car lorsque l’enfance devient l’affaire de tous, les statistiques, aussi révélatrices soient-elles, ne racontent jamais toute l’histoire.

́N.R

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