FMI : sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI saluée, des réformes de fond jugées indispensables

Par Nadera Rebiai

Le Fonds monétaire international (FMI) a salué la décision du Groupe d’action financière (Gafi) de retirer l’Algérie de sa «liste grise », qualifiant ce retrait de «réalisation importante » au terme de plusieurs années de mise en conformité contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, l’institution prévient toutefois que ce succès technique doit désormais se traduire par des réformes concrètes pour produire des effets tangibles sur l’économie réelle.

Une croissance robuste, portée par l’investissement

Sur le plan macroéconomique, le FMI relève une dynamique solide : le PIB a progressé de 3,9% en 2025, porté par un niveau d’investissement élevé malgré la faiblesse persistante du secteur des hydrocarbures.

L’institution table sur une croissance de 3,8% pour 2026.

Concernant l’inflation, le Fonds note un pic atteint en septembre 2025, largement attribué à la hausse des prix des bijoux, avec une légère remontée anticipée pour l’année en cours.

Des finances publiques sous surveillance

Le rapport exprime des réserves plus marquées sur la soutenabilité budgétaire….le déficit public s’est resserré à 10,5% du PIB en 2025, grâce à des dividendes exceptionnels et à des recettes hors hydrocarbures, mais demeure qualifié de « très élevé » par les experts du Fonds, la dette publique a, de son côté, atteint 52,1% du PIB.

Le FMI recommande un ajustement budgétaire d’ampleur, associé à un élargissement de l’assiette fiscale et à une administration des impôts plus performante.

Compte courant et réserves de change sous pression

Le rapport pointe également une dégradation du compte courant en 2025, résultant de la hausse des importations liées aux grands investissements publics et du recul des exportations d’hydrocarbures.

Cette évolution s’est traduite par une baisse des réserves de change, le Fonds met en garde contre un recours prolongé au financement monétaire du déficit et recommande de faire de la maîtrise de l’inflation une priorité, y compris par un relèvement des taux d’intérêt si la situation l’exige.

Diversification saluée, réformes structurelles attendues

Le FMI reconnaît les progrès enregistrés en matière de diversification économique, notamment dans les mines et l’agriculture, l’institution appelle néanmoins à réduire les liens financiers entre l’État, les entreprises publiques et les banques, à améliorer le climat des affaires, et à intensifier la lutte contre l’économie informelle par le recours au numérique.

Le message d’ensemble du Fonds reste équilibré : la sortie de la liste grise constitue une avancée réelle sur le plan de la conformité internationale, mais elle ne dispense pas l’Algérie d’engager des réformes structurelles plus profondes pour consolider ses équilibres macroéconomiques à moyen terme.

N.R

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